Bonus N° 170 - Printemps 2012
Suppléments au n°162 courrier
Bonus N°169 - 1er trimestre 2012
Supplément Cahier n°6
Supplément au n°162 Enquête
Supplément Cahier 3 : recettes
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Supplément N°168
Suppléments au n°164
Suppléments au numéro 167
Suppléments au n°166
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Supplément au n°157
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Supplément au n°162/ courrier

473 Les chatouilles (suite)
... Ma fille est à côté de moi, et je lui demande : "Aimes-tu bien quand  je te chatouille?". Elle me répond : "Oui (avec un ‘iiiii’ de petite souris et un grand sourire  malicieux) j'aime bien ça". Par contre mon mari me fait mal quand il me chatouille, il appuie trop fort  du bout des doigts. Si je lui dis, il fait attention, et ça devient  agréable. Je reviens sur votre mail: le jeu n'est pas de chatouiller, mais de  partager un moment de complicité dont les chatouilles font partie. Je  mets ma tête sur le sol, bébé (11 mois) me tapote sur la tête pour explorer, je lui grignote doucement - car c'est une chatouille, ça ne doit pas faire mal- les  jambes. Si à tout hasard j'ai mal fait (grimace, ou arrêt de rires), j'arrête immédiatement, je m'excuse. Mon plaisir n'est pas de le chatouiller, mais de le voir rire de mes chatouilles. C'est un jeu vif, très bref, j'attends toujours qu'il ait repris sa  respiration et que son attitude me montre qu'il a récupéré et que je  peux le surprendre à nouveau, qu'il ne soit pas fatigué non plus. Les règles du toucher que j'ai verbalisées sont celles du  massage californien. Mais elles sont postérieures à mon expérience  favorable des chatouilles. Pincer la taille n'est pas agréable si c'est trop fort. Les aisselles  c'est bien, si c'est superficiel. Un peu plus appuyé qu'une plume...
TLB

 

475 Bientôt professeur
Réponses de la rédaction :
J'espère de tout coeur que notre revue au fil des pages et de ses sélections vous offre de bons outils. Nous n’avons de cesse de mettre en valeur des initiatives positives au sein de l'école. Les professeurs des écoles ont bien besoin d'être encouragés. 
Avez-vous lu le dossier 'Si tu veux la paix, prépare la paix' , N°156 17 à 24 (dispo contre 1€50 en timbres ou chèque), il concerne la vie à l'école et donne une boite a outils détaillée pour aborder les conflits au sein d'un groupe de jeunes ou d'enfants, très en difficulté avec la loi. Il donne aussi du coeur à l'ouvrage car il redonne le sens profond de ce métier qui permet d'apprendre la démocratie. Bravo pour votre décision, les enfants ont bien besoin de vous chère Aurélie. Car qui dans son enfance, n'a pas le souvenir d'une instit qui l'a regardé avec les yeux de la confiance... Et bien ces gens là ils nous ont donné la force de grandir à certains moments et ils demeurent toujours en nous... 

Réponse d’Odile 
Si j'ai bien compris, dans le cadre de votre formation de future professeure des écoles, vous vous sentez démunie face à de jeunes élèves difficiles et vous êtes en recherche de moyens ou de méthodes pour une meilleure pédagogie.
Il est vrai que les infos de stage ou de formation proposées sur le site sont riches pour alimenter votre recherche d'une pédagogie alternative. Ce que j'ajouterais, c'est l'importance de bien vous connaître dans vos propres dons d'enseignante. D'autre part, il me semble important de trouver autour de vous des personnes motivées par la même recherche pour votre classe. C'est à partir de ma propre expérience de professeure que je peux dire cela. Pour me connaître dans mes propres qualités intrinsèques de pédagogue, j'ai été particulièrement aidée par la formation PRH ; pour être le plus efficace possible dans un système certes limité mais où abondent des enseignants chercheurs de sens, j'ai pu mettre en œuvre , à ma mesure, (surtout dans mes classes), et épaulée par des collègues partageant la même  vision que moi. J'ajouterai que ce travail de connaissance de moi m'a transformée totalement dans ma manière d'être et de faire dans mon métier et m'a mise dans une recherche constante.
Réponse de Béatrice

 

 

478 Sage-femme engagée
...
Chaque fois qu’un couple me raconte les violences institutionnelles dont il s’est senti victime, je me sens très en colère.
J’ai beau me dire que ce couple avait sa propre responsabilité là dedans, j’entends trop de choses, et trop souvent. Et c’est un sujet tabou ! Alors comment se protéger sans se défendre, comment être confiant sans être naïf ? Et de mon côté, informer sans inquiéter et aider les gens à se protéger ?.../...
J’avoue : la docilité et l’embrigadement de la grosse majorité des femmes et sages femmes devant ce pouvoir médical me bouscule et m’énerve ! Les femmes enceintes ne peuvent plus rien faire, ni rien manger, en particulier sans en référer à ce sacro saint pouvoir qu’elles laissent s’immiscer dans leur intimité et leur bien-être. .../...
Pour moi c’était l’occasion de retourner avec appréhension dans un CHU fréquenté pendant mes études où j’ai pu goûter à l’humiliation, l’irrespect, la peur, le mépris... Les sages femmes se vengeaient sans doute elles-mêmes, sur les étudiantes sages femmes, les femmes et les bébés de ce qu’elles subissaient ou avaient subi !
J’ai terminé mes études en 1992, un autre siècle… Je pense que cela n’a guère changé depuis. J’ai été agréablement surprise du dialogue qui a pu s’instaurer entre toutes les personnes présentes
HG

 

Divers courriers
Nounous respectueuses

Il arrive que parfois nous ne sachions pas comment faire. Et savoir que nous ne sommes pas seuls à avoir une autre démarche, cela nous rend plus fort. Jamais je n'aurais pensé que j'allais avoir ce projet d'association (www.nrae.fr). Ce sont mes enfants qui en sont le moteur. Car mon regard a changé en devenant mère et mon rôle de professionnel s'est accru encore plus.
MP, Grasse (Alpes-Maritimes)

 

Notre fille est très bien installée à Guérande, chez une de vos lectrices ; le lycée expérimental de St Nazaire lui convient bien, et sa nouvelle autonomie est à construire pas à pas…
BB,

 

s Des poussées dentaires soulagées uniquement par le sein et la présence de mon mari auprès de mon aîné m'ont offert l'opportunité de lire enfin une grande partie du cahier "Frères et soeurs". Me voilà nourrie et pleines de pistes de réflexions. SR, Paris

 

J'ai toujours rêvé d'avoir une famille nombreuse. J'ai deux enfants d'une première grossesse : des jumeaux ! C'était une décision de couple mûrement réfléchie et la conception a eu lieu dans notre période encore "passionnelle", ça a marché au premier cycle, quel bonheur d'avoir  découvert deux bout'chou à la première échographie ! Pour le papa, il est comblé par ses deux garçons et pour lui la famille est au complet... mais pas pour moi, je voudrais et j'ai besoin d'au moins encore vivre une grossesse  un accouchement et un autre enfant ! J'ai certes déjà deux garçons mais une seule expérience...
AA

 

J’en suis toujours au même point au niveau de notre projet d’agrandir la famille. Par contre, le compteur a tourné… et 45 ans ont sonné le 10 juin dernier. Je suis allée me promener auprès de spécialistes de la fertilité, j’ai été accueillie avec bienveillance mais le traitement hormonal tellement déstructurant au niveau des humeurs que j’ai arrêté après 3 stimulations, me suis tournée vers un ostéopathe, puis un autre, et autres « alternatives », j’en passe. Mais snif… mon ventre est rond pas de vie en vue. Chaque grossesse qui débute autour de moi ravive cette blessure, même si mes fils de 19 ans et 5 ans sont là). Quelles pistes ? VO

 

En Afrique, on dit qu'il faut faire autant d'enfants qu'on peut en aimer. En Europe, on dit qu’on ne devrait pas faire plus d'enfant qu'on peut en aimer.
LL

Après avoir acheté votre magazine au biocoop, je décide aujourd’hui de vous soutenir en m’abonnant. Je souhaite d’ailleurs vous dire que j’ai acheté le dernier cahier « des frères et des sœurs dans ma vie ». Je l’ai trouvé très intéressant, étant l’aînée d’une famille de 3 enfants. Aujourd’hui, je suis la maman d’une petite fille de 18 mois et j’espère bien qu’elle aura la chance d’avoir des frères et sœurs : En tout cas, je suis en pleine réflexion par les rapports entre frères et sœurs et vos publications m’aident à étayer ma réflexion.
Merci à l’enfant et la vie d’être là, d’exister et longue vie à lui! Le titre lui-même est tout un poème.
SG, (Côtes d’Armor)

 

s Mon souhait est de sensibiliser aussi les enfants c’est-à-dire qu'une partie de notre génération essaye de mettre en pratique de plus en plus ce que des professionnels de la petite enfance ont découvert sur le monde de nos enfants. Le travail est long mais j'ai l'espoir qu'un jour ce que l'on apprend maintenant devrait être appris à l'école comme le calcul, l'écriture afin que l'enfant devenu adulte n'ait même plus à se poser la question de ce qu'est un enfant. De la manière de le respecter et de lui laisser enfin sa juste place dans notre société. Comme je ne puis changer les matières données dans les écoles, j'ai pensé donner des conférences, toujours sur le thème "Maternage vers l'Autonomie" destinés à toute la famille. La conférence sera donnée dans une grande salle ou les parents serons assis sur des coussins (être au niveau des enfants), et des ateliers de ex: poterie, dessins, autres, ... seront proposés aux enfants dans la même salle afin que les enfants puissent entendre la conférence aussi sans contraintes mais avec plaisir. Pour que l'enfant  sache que nous adulte avons à apprendre mais que leurs parents essayent de les respecter, les reconnaître comme des personnes. L'enfant a une très grande capacité à faire différentes activités tout en écoutant. Et même, il apprend encore plus de cette manière. Essayer de faire prendre conscience à la société, que l'enfant quel que soit sont âges est capable de faire beaucoup de choses si on lui laisse la possibilité d'en faire l'expérience seul dans un cadre bien sur sécurisé. Je suis désolée pour toutes mes fautes d'orthographes. J'espère avoir réussis malgré tout,  à vous transmettre de manière claire ce projet. Si ces deux conférences destinées à la famille fonctionne, j'ai le projet pour l'année suivante de tout un vaste projet de conférences pour aider chacun de nous à nous retrouver, nous respecter et par cette exemple offrir à nos enfants de nouvelles bases d'écoutes, de reconnaissances de chacun quelque soit l'âge. Grâce à votre petit journal "des frères et soeurs dans ma vie", j'ai des renseignements utiles sur les personnes que j'aimerai contacter pour les  conférences de l'année prochaines. Nous avons tous nos propres richesses, mon souhait c'est que chacun puissent arriver dans le respect à travailler en collaboration afin que nous puissions transmettre notre savoir. Je vous remercie de votre aide et de votre soutien. Je vous souhaite de belles journées pleines d'imprévus agréables  pour terminer l'année. Grâce au magasine, l'association se fait connaître pour la première fois dans un magasine sérieux et de référence.
L'association n'est pas que pour les parents et les professionnels mais aussi pour moi maman et professionnel. Parce que mon souhait est d'avancer et grandir avec mes enfants. Continuer à rester "jeune" mais adulte responsable pour soutenir mes enfant dans leur autonomie. Je suis comme toute maman avec beaucoup de questionnement, de doute, de joie, d'espérance mais je sais que la vie m'a apporté la possibilité de connaître un peu mieux leur monde. Ce sont les enfants des autres parents que je remercie, car c'est eux qui m'ont donné cette connaissance que j'ai d'eux. Grâce à eux, j'ai pu mettre en place certaine chose lors de ma maternité, de leur naissance, et de l'éducation que j'essaye de "donner" actuellement.
Votre journal nous met en avant ce que des parents essayent de changer. Il arrive que parfois nous ne sachions pas comment faire et le fait de savoir que nous ne sommes pas seul à avoir une autre démarche, cela nous rend plus fort. C'est normal que votre journal soit aussi une référence pour les professionnels. Ne sommes nous pas tout d'abord parents. Je trouve comme vous le dites si bien c'est quand on devient parents que l'on prend pleinement conscience de notre rôle et comment arriver à donner la place à nos enfants au sein de notre famille et dans la société. Jamais je n'aurais pensé que j'allais avoir ce projet d'association. Ce sont mes enfants qui en sont le moteur. Car mon regard a changé en devenant mère et mon rôle de professionnel c'est accru encore plus car j'ai la chance de savoir ce qu'est une professionnelle de la petite enfance et des difficultés que peux ressentir des parents qui veulent confier leur enfant en confiance à une professionnelle.
Voilà ce sujet est passionnant et je pourrai encore parler et parler encore et encore mais vous devez travailler et mon dernier garçons à besoin de moi.
Je vous souhaite une belle fin de journée.
MP, Grasse (Alpes-Maritimes)


474 Très chères écoles alternatives
... A ce malaise s’ajoutait, en école Steiner, la fréquentation de familles très riche, sachant que mon fils pouvait profiter de cette pédagogie… En partie grâce à leur soutien financier ! .../... Non par orgueil mal placé mais par conviction politique : la richesse pour moi provient d’une injuste appropriation des richesses naturelles et humaines (même si dans ce cas, elle servait à une plus juste répartition…). La ‘philosophie’ de l’école qui m’exaspère mais demeure toujours un questionnement, étant de dire : Chacun amène le don qu’il peut, certains c’est leurs compétences ou leurs temps, les autres, leur argent…
La cantine était bio et végétarienne, l’eau filtrée, mais personne n’osait poser la question (vie privée oblige) de savoir si la richesse des différents mécènes (familles ou entreprises) provenait d’une activité prédatrice des ressources naturelles ou humaines. J’ai sursauté en apprenant que la prof payée à mi-temps pour rechercher des fonds avait le feu vert pour démarcher n’importe quelle entreprise… sous prétexte que c’était toujours du mécénat et non du sponsoring. Effectivement, jamais aucune marque n’a été citée sur un document de l’école. Une des « rentrée d’argent » sympathique et conviviale qu’elle avait trouvé furent les vendanges chez un viticulteur biodynamique un week-end à 50 parents et élèves. La paye étant reversée à l’école.
Dans les écoles Steiner existe un « fond de solidarité » alimenté par des dons extérieur ou des familles payent plus que  les frais de scolarité de leurs enfants afin que d’autres familles payent moins, voire rien comme cinq ou six familles sur les 150. Steiner ne voulait pas d’école de riches, n’empêche que ce faible pourcentage ‘très aidé’ ne peut que diminuer, l’école vivant constamment dans un équilibre extrêmement précaire (les profs ont une paye dérisoire, les derniers salaires de l’année payés difficilement!
J’ai vu aussi le conseil d’administration refuser un don de 100 00 € parce que le donateur avait des exigences sur l’utilisation de son argent et demandait à être président de l’association…
Il est courant que des familles arrivent de partout en France, abandonnant maison, boulots et relations pour mettre leur enfant çà l’école. J’en ai connu prêtes à emprunter ou vendre leur maison pour payer les énormes frais de scolarité pour leurs 3 ou 4 enfants…Même si on a tous l’impression de ‘tout’ faire pour nos enfants, j’ai vu là des sacrifices que je n’aurai pas imaginé !
Pour nous, cette scolarité a été possible grâce au fond de solidarité, à la participation de ma famille, parce que c’était notre dernier enfant à charge, et parce que nous avons économisé sur tout. Voilà, le portrait que je peux tracer, tiré de mon expérience… et qui ne consolera pas cette lectrice !
Dans les classes de mon fils, j’ai vu plusieurs élèves venir et repartir, ces pédagogies ne conviennent pas à tous les enfants… et surtout, pas à tous les parents !
Mais quand ça convient, quel bonheur, on a une reconnaissance éternelle pour le génie des concepteurs et le sacerdoce des pédagogues !
Je ne suis pas pour les écoles privées, que le libéralisme – qui sabote l’éducation publique- va bientôt nous imposer, mais je suis pour le libre choix pédagogique, comme il se pratique en Allemagne ou dans certains pays du Nord. Je crois savoir que la fédération des écoles Steiner et celles des écoles Montessori essaient d’œuvrer dans ce sens, ensemble.
Et il faut bien de ces pionniers fous et « privilégiés »qui expérimentant ces pédagogies différentes, malgré le contexte français défavorable….
GG, Lozère

 

- La revue me plaît énormément ! Je trouve le magazine plus aéré, donc encore plus attrayant. Et les articles sont toujours aussi intéressants !
CL (Haute-Vienne)

- Je viens de recevoir le 161, il est superbe avec sa nouvelle maquette. J'aime particulièrement la couverture et les pages intérieures plus aérées et donc lisibles.
SL (Yvelines)

- J’ai toujours autant d’avidité à vous dévorer : en vous lisant, je grandis comme mes enfants…
OM (Côte d’Or)

 

Réponse à une maman qui ne sait plus comment faire avec sa fille qui la sollicite beaucoup et qui comprend tout et en joue
Venons-en à la difficulté entre ta fille et toi. Tu évoques combien tu es attentive à elle et combien tu t’inspires de toutes ces méthodes géniales et bien au-delà des méthodes d’attitudes de fond qui viennent de l’amour que tu portes à la personne en général et à ta fille en particulier. Tu en es satisfaite et je m’en doute, oui cela enlève bien des conflits inutiles, des incompréhensions. Oui ta fille est une petite personne. Mais elle reste une enfant et il est des choix qu’elle ne comprend pas et que tu as à lui imposer. Elle fait l’expérience de s’abandonner dans cette relation bienfaisante où maman et papa savent pour elle qui est une enfant. Il est des questions, des situations qui n’ont pas à être traités par elle mais par vous uniquement. C’est très sécurisant de ne pas être sans cesse considéré en tant qu’interlocuteur tout en demeurant sujet bien sûr. Surtout que ta fille comprend beaucoup de choses déjà, est très fine et très vive d’esprit. Il y a le temps de l’enfance, de la petite enfance même où il n’est pas temps de responsabiliser mais de donner l’occasion de grandir, de maîtriser dans ses domaines à soi pour soi, non pas de réfléchir, se situer, discuter... Le temps viendra pour cela. Certains enfants veulent grandir très vite, précocité dans un domaine peut-être ? A nous de trouver l’équilibre entre cette hyper compréhension du monde et le besoin d’être petit qui est en eux. Devenir grand commence par être petit.  Cette hyper attention et capacité  à s’exprimer et à jongler avec les mots ou leurs sentiments est le signe d’une grande sensibilité au monde environnant et aux personnes. Comme si elle rentrait dans leur peau pour savoir quoi répondre... Quelle coquine. Mais quelle fatigue aussi peut-être... 
Tu évoques aussi le fait que tu as de la difficulté à te situer en tant que maman et que c’est la petite fille en toi qui revit face à elle. C’est une question essentielle, tu n’as pas été sans t’arrêter à l’article du numéro 160 où Isabelle Filliozat explique cette difficulté de ne pas se projeter dans nos enfants, article enrichi d’un témoignage de lecteur très évocateur de cette problématique. Je ne peux que t’encourager à faire le tri avec l’aide d’un autre, thérapeute s’il y a lieu ou ton cher compagnon s’il a le goût de cette écoute et de l’empathie envers toi dans ces moments là.
Et cette maman est à bout aussi et a du mal à dire non !
Oui bien sûr tu en fais trop, c’est classique. Pour ma part avec le recul je me dis que oui j’ai ‘trop’ donné. Seraient-ils morts si j’avais décidé de reprendre la danse ou autre passion plus vite ? Eh bien non, et j’en éprouve à la fois un regret car je vois combien cela me vitalise, me détend aussi, m’ouvre à mon monde intérieur, me permet de penser à autre chose qu’à mon travail ou à mes fils et les soucis de leur âge quand je pense à moi et cela me construit .Mais aussi je m’accueille dans cette étape là de ma vie de jeune parent où je donnais priorité à eux puis à jongler entre eux et mon travail, cela a duré quasi 20 ans. Je ne peux m’en vouloir mais si c’était à refaire, je prendrais soin de moi davantage... J’ai fait pour une part comme avait fait ma mère : priorité aux enfants. Peut-être ai-je eu la prétention de me croire plus importante que je ne le suis. Ex. la cantine, jamais je ne les ais forcés, cela s’est fait tranquillement. Mais à quel prix ? Leur école était loin, mon boulot était prenant, ma fatigue était réelle... En fait la question est : qu’est-ce que je ne veux pas sacrifier ? par contre nous avons mis en place des tables ouvertes permettant dès leurs trois quatre ans, de passer une journée complète loin de la maison tout en étant en sécurité affective... Car le besoin de temps pour soi est vital à tout âge aussi dépendant soit-on de nos poussins.
Elle veut toujours être portée alors qu’elle a bientôt trois ans
Tu évoques l’exemple du portage alors que tu es fatiguée. Que se passe-t-il ? Elle te fait un chantage car par ailleurs tu lui mets la pression donc il s’agit d’un rapport de force entre vous, chacun trouvant le moyen de forcer l’autre dans un aspect de sa vie où elle veut te dire : « je suis petite maman » sans le dire vraiment.
Chercher les moments où tu fais pression , vérifier si c’est possible d’apaiser . Ex. elle doit fermer son manteau à tout prix et c’est l’enfer chaque fois que vous sortez... Ou elle doit dormir dans le grand lit juste acheté alors qu’il y a le  lit de maman et papa si tentant encore ou juste dire ce que l’on constate : Tiens voila une grande fille qui a tellement besoin aussi d’être petite dans les bras, portée. Et pourquoi pas aussi un immense biberon, et si on sortait un peu la poussette et tu voudrais essayer le porte bébé de ta toute petite enfance. Et si on regardait les photos d’avant.. Car pour grandir on régresse un peu. Le contexte parfois y est pour quelque chose dans le besoin de régresser.
Jusqu’où tout donner  te demandes-tu ?
Une nuance est très importante : se sacrifier n’est pas pareil que faire un sacrifice. Cela ne laisse pas les mêmes traces. Se sacrifier ce n’est pas judicieux C’est se renier, c’est se faire du mal. Par contre faire un sacrifice parce que oui, c’est sagesse ou c’est bon sens ou c’est possible, avec toute son intelligence éclairée là on va l’assumer en adulte. Dans le fait de se sacrifier on est mené par une blessure en soi qui nous empêche d’être ajusté à son possible : on en fait trop. Comme si on n’arrivait pas à prendre du recul. L’enfant ne tient pas compte des besoins de ses parents, il est dans sa sensibilité en tout premier lieu. Notre travail de parent consiste justement à éveiller lentement notre enfant à sa conscience profonde, à ce lieu où il va se référer à toute sa personne pour sentir ce qui est bon pour lui dans l’environnement qui est le sien. Je rêve ? Un peu oui...
La morale, qui permet de s’intéresser à l’autre en tant que sujet vis-à-vis de soi meme commence à partir de 6 ans, l’attention à l’autre vient tard, non pas qu’il ne s’y exerce pas ni ait des élans d’affection et de compassion et de partage et de capacité à travailler avec d’autres mais réellement il s’engage parmi les autres, y prend une place vers 11 ans , fait des expériences  et découvre le sens de la citoyenneté et s’engage dans le monde des hommes vers 24 ans en y trouvant à peu près sa place si il a été bien accompagné pendant toutes ces années de croissance selon Maria Montessori notre inspiratrice.
Oui les besoins du bébé sont à honorer car quand le nourrisson a soif il meurt de soif, il a besoin de sucre pour alimenter son cerveau. Et quand à trois ans il a besoin de sécurité c’est urgent mais cela dépend du contexte dans lequel il se trouve, de l’évènement qui amène au besoin de sécurité. Est-ce répétitif ce besoin, est-ce d’une grande intensité ? J’ai créé cette expression un jour, il s’agit de directivité aimante... Je peux l’utiliser envers moi-même comme envers lui. Car qui mieux que moi peut m’aimer. Tu  peux être ainsi témoin de ton amitié envers toi-même. Une psy disait : sois une mère pour toi-même. C’est très touchant. Soigner ses manques d’enfant est un beau cadeau fait à enfant mais cela amène à des changements qu’il faut avoir la force de mettre au jour...
Et accompagner leur frustration est un beau cadeau à leur faire aussi : Car du principe de plaisir au principe de réalité il y a un grand chemin à parcourir et de fait c’est ainsi que l’on devient adulte, l’adolescence est l’occasion rêvée pour rééquilibrer tout ce qui n’a pas été fait pendant la petite enfance. Cela est très réconfortant pour les parents chercheurs que nous sommes.
Enfin tu évoques le papa et la maman dans des positionnements différents. Effectivement comme le dit Minou Poirier dans l’interview du cahier 4 ou dans son livre sur les papas, le papa est d’emblée perçu du dehors alors que la maman on la perçoit du dedans pendant notre vie intra utérine d’où ce lien particulier, fusionnel qui nous lie à elle. Oui le père est essentiel il vient mettre de la distance, il vient donner à l’enfant le droit d’être pleinement lui plus vite qu’on le voudrait, indépendant, capable de penser par lui-même dès que possible, capable d’entrer dans une certaine solitude sans violence, tu seras là pour trouver le juste milieu, il sera capable de mettre du rationnel là où il y a trop de subjectivité. Oui ils ont un rôle de père tout en étant si tendres aussi et heureusement. Chance d’être deux chaque fois que possible pour accompagner chacun de nos enfants. Même si on n’est pas d’accord, cela s’appelle l’altérité, elle enrichit plus qu’elle ne divise si elle est bien accueillie et constructive.
Je te laisse piocher chère Claire ce qui te rejoint. C’est toi qui sais.
La rédac’chef