Physiologie
- Toutes les cellules nerveuses sont formées à la naissance. Un neurone est une unité qui comporte la cellule avec un noyau ; un nerf appelé axone qui a une fonction effectrice ; des dendrites qui établissent des liens avec d’autres neurones en amont, c’est une fonction réceptrice ; la liaison est établie à travers des synapses. Ce qui se développe principalement jusqu'au début de l'âge adulte, ce sont les liaisons entre les neurones, ce qui veut dire que certaines fonctions se développent progressivement. Par exemple, le raisonnement logique apparait à partir de 7 ans, le jugement moral qui permet d’apprécier si un acte est juste ou non, à partir de 12 – 14 ans, le contrôle des impulsions n’est pas acquis avant 25 ans. Les neurones sont regroupés par régions et chacune de ces régions assure une fonction particulière, appelée « module ». Certains de ces modules ont beaucoup de connections entre eux, d’autres moins. Certains sont très localisés, d’autres davantage diversifiés. L’hippocampe, dont le nom est choisi parce qu’il ressemble un peu à l’animal marin, la partie la plus enroulée à l’intérieur du lobe temporal du cerveau, régule la mémoire verbale. Des souvenirs enregistrés dans un contexte émotionnellement positif sont stockés ici, alors que ceux enregistrés dans un contexte émotionnellement négatif sont stockés dans le noyau de l’amygdale qui se trouve en face de l’hippocampe, et il y a beaucoup de liaisons entre les deux structures.
Le fonctionnement du cerveau est multiple.
D'un côté, il exécute nos actions quotidiennes (parler, marcher, respirer) et de l'autre il reçoit toutes les informations qui proviennent du monde extérieur comme intérieur (émotions, expériences passées) et les intègre à notre réflexion.
Le cerveau ne reste pas statique au cours de la vie. Ainsi, certaines zones augmentent de volume si nous les stimulons (lors d'un apprentissage par exemple), d'autres zones diminuent et peuvent disparaître si nous ne les utilisons pas. C'est ce qu'on appelle la plasticité du cerveau. Plus un cerveau est jeune, plus sa plasticité, sa capacité d'adaptation, est grande, mais cette faculté nous accompagne tout au long de la vie : Un homme de 60 ans peut toujours apprendre une langue!
Le cerveau est structuré en deux couches
La partie la plus récente au niveau de l’évolution des espèces, le néocortex, agit comme un manteau qui enveloppe le reste du cerveau. C'est ce qu'on surnomme la matière grise car elle est composée de cellules nerveuses de couleur grise. L’autre partie, le sous-cortex, est surnommée « la substance blanche » car elle contient en son sein des voies nerveuses de couleur blanche, mais aussi des noyaux gris, donc avec des cellules. Les fonctions de ces deux zones sont bien distinctes : la matière grise du cortex est à l'origine des actions conscientes (planification, motivation, abstraction, jugement...) tandis que la substance blanche, sous corticale est à l'origine des impulsions, des colères, des envies impérieuses ou des hallucinations dans le cas de pathologies.
La personnalité se fixe dans ses grands traits
On considère que la personnalité est fixée dans ses grands traits au début de l'âge adulte. Quatre facteurs interviennent dans sa constitution.
- L’hérédité, c'est le patrimoine génétique transmis par les parents.
- Le développement individuel du cerveau, qui commence avant la naissance et se poursuit jusqu'à la fin de l'adolescence.
- L’expérience personnelle de chaque individu, qui commence dès la grossesse. En effet, dans la mesure où il fait corps avec sa mère, le fœtus entend ses deux parents parler et il est sensible à la relation qu'ils entretiennent. Le cerveau du foetus est par ailleurs affecté par les états émotionnels que traverse sa mère. Il peut s'agir d'un choc ponctuel, de l’équilibre hormonal particulier lié à la grossesse ou de la mutation physique et affective qui a lieu en elle pour accueillir l'enfant. On sait aussi que l’abus de substances psycho-actives telles que l’alcool, le cannabis et le tabac endommagent le cerveau du foetus. Une fois l'âge adulte atteint, les enfants concernés résistent moins à la douleur et au stress, ils ont des réactions violentes, une plus forte propension au suicide ou à l'abus de substances psycho-actives à leur tour.
- Les influences psycho-sociales, qui interviennent dans la formation de la personnalité à travers le choix des pairs et les stimulations reçues de leur part.
Les apprentissages
Au début du XXème siècle, Charles Spearman, psychologue anglais, postule l'existence d'une « intelligence générale » mesurable par des tests. Elle est conditionnée par l’hérédité et atteint son apogée entre 15 et 25 ans pour ensuite diminuer. Cette intelligence s'oppose à l' « intelligence concrète », qui se développe en fonction des apprentissages spécifiques.
L'intelligence se distingue donc par une composante innée (une prédisposition), une composante acquise (les stimulations de l'environnement), et un troisième facteur : l'imprégnation. L’éthologiste autrichien Konrad Lorenz s'est intéressé au phénomène appelée par lui « empreinte » chez les animaux : lorsqu'un oisillon naît, l'empreinte est immédiate, sa mère sera le premier être vivant avec qui il entre en contact. Lorsque l'enfant naît en revanche, l'empreinte est progressive, il s’agit donc d’une imprégnation. Elle s'effectue à travers l’échange mutuel d’affections, de désirs, de paroles, le tout dans une observation permanente. L’imprégnation contient ainsi des éléments d'inné et d'acquis. Si l'atmosphère est bienveillante, l'enfant s'imprègnera des capacités d’observation et d’ouverture de ses parents. Ce phénomène de mimétisme des comportements comporte cependant le risque d’une imprégnation négative. Des traumatismes psychiques graves comme un abandon, peuvent éventuellement endommager son cerveau. De même, certains enfants qui manquent de stimulations peuvent présenter un retard mental.
Jean Piaget, psychologue français, distingue quatre stades au développement de la pensée
Dans le stade sensori-moteur (de 0 à 2 ans), l’enfant entre en contact avec le monde par l’intermédiaire des sens et des actions : il touche, il porte à la bouche.
Dans le stade préopératoire (de 2 à 6 ans), l’enfant se représente des choses avec des mots ou des images, il nomme ce qu’il perçoit.
Dans le stade des opérations concrètes (de 7 à 11 ans), l’enfant développe sa logique, il fait des liens, il remet en question ce qu'il entend : il accède à l’âge de raison.
Dans le stade des opérations formelles (de 12 ans à l’âge adulte), il accède au raisonnement abstrait. Il peut entendre et analyser les pensées d’un autre, reconnaître son droit de penser ainsi, même si lui n’est pas d’accord. Ses intérêts se diversifient ; il peut s'opposer à ses parents.
La conception de Piaget est cependant nuancée aujourd’hui. La pensée ne semble pas se développer par paliers mais de manière progressive, au fil des interactions avec les adultes, pour déboucher idéalement sur la capacité de dialogue et de conscience morale, éléments fondateurs d'une pensée libre et évolutive. Celle-ci peut jaillir en chaque individu, quels que soient son environnement et son éducation.
Au-delà de nos capacités mentales, trois facteurs favorisent un apprentissage
- L’attention, qui fait défaut aux enfants hyperactifs en difficulté d'apprendre sans l'aide d'un tuteur.
- La motivation, qui permet de s'investir à la mesure du résultat attendu.
- L'état émotionnel, où il y a d’un côté le plaisir qui accompagne le sentiment de réussite, de l’autre côté le déplaisir concernant des occasions, situations ou comportements que l’on voudrait éviter. Ce ‘système de récompense’ qui nous encourage à rechercher le plaisir et à éviter le déplaisir.