Chère Mamie
Alzheimer Europe, 2005, diffusé par France Alzheimer
6/8 - 12 ans. Alzheimer Europe 1999 7€30
Le petit-fils d'une mamie atteinte de la maladie évoque son quotidien : le malade dont le comportement devient inapproprié, le ressenti des proches, la difficulté de faire face en famille "C'est toi qui es
malade mais nous aussi on a mal", le regard et la peur des autres, la
décision de placement en institution spécialisée...
L'approche est très
complète, pleine d'humanité. Un livre à conseiller absolument. Jacqueline Ducret
Quatre générations sous un même toit
Lao She - Folio
On y décrit la vie des habitants d’un quartier de Pékin pendant l’occupation japonaise (années 40) et les mesquineries et les liens entre les membres d’une même famille et avec leurs voisins... Trois volumes pour qui est curieux de ces sagas historiques en huis clôt. On en a pour quelques semaines, eux pour la vie ! Odile Anot
Le (nouvel) art d’être grand parent
Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau
Editions l’instant présent 2010 12€
SI vous aimez les témoignages, si vous souhaitez découvrir ou vérifier le bonheur que procure cette part là de soi sous le regard d’une spécialiste du maternage proximal, vous apprécierez ou offrirez ce livre. Il s’y trouve également des références de livres, d’enquêtes et des aspects historiques. Bonus : Un chapitre en quinze paragraphes précise tout ce qu’il ne faut pas faire quand on devient grand-mère.Y a plus qu’à ! Odile Anot
La surprise
Nadia Roman, Jean-Pierre BLanpain
Thiery Magnier 2010 15 €
Une histoire de grand-mère qui vit sa vie d’amoureuse... le tout avec humour. C’est sympathique. Les dessins sont simples et aux couleurs tranchées -EV
Les grands parents
Catherine Dolto
Gallimard jeunesse Mine de rien 2008 6€
Ce livre loin des clichés et des images d’Epinal porte un regard sur la relation des tout petits à leurs grands-parents ; il met des mots sur des vécus profonds parfois complexes ; il évite les tons trop idéalistes ou moralisateurs ; il parle vrai et simple ; il s’adresse à l’enfant. Il doit être lu à l’enfant par un adulte que le texte rejoint sinon, ça a peu de sens ! Quand j’arrive chez ma petite fille de 20 mois, elle va chercher ce livre en premier dans sa pile et me l’apporte pour le lire ensemble. Béatrice Sablonnière Debaillieul
*** Une association : L’école des grands parents Européens
L’école des grands parents européens est un mouvement dont les objectifs sont d’organiser des activités favorisant le lien entre grands parent et entre grands parents et petits enfants. Il propose en France et dans quelques autres pays recherche, réflexion, rencontres à travers des activités culturelles et sociales aux retraités. Parmi ces activités figurent : des conférences sur, des visites de musées, des formations à, des groupes d’échange visant à l’expression des émotions... EGPE Nord 19 place Sébastopol 59000 Lille, www.egpe.org
**Autres adresses repérées :
http://grandsparrains.chez.com
01 45 46 60 66
Et une asso pour apprendre les métiers avec les anciens : www.loutilenmain.asso.fr
Voici la suite, ainsi que des compléments aux témoignages reçus sur le sujet, dont certains sont parus partiellement dans nos pages
Emilie :
Ma grand mère va fêter ses 90 ans cette année. C'est une femme encore très active. Elle a toujours fait beaucoup de choses et notamment pour la culture provençale. Elle m'a offert la chance de me sentir enracinée quelque part et ces racines sont solides car elle nous fait vivre cette culture intensément. Elle parle provençal, elle l'écrit, elle respecte les traditions, elle a reconstitué des costumes du début du 19 siècle, ainsi que des danses folklorique. Avant chaque veillée de Noel à l'église, nous animions en famille la crèche vivante. Nous nous habillons avec les costumes d'époque ( comme les santons) et pour cela nous nous entraidions, car les vêtements ne sont pas faciles à mettre. Une réelle cohésion s'est créé dans notre famille grâce à elle. J'habite loin de chez elle et la vois peu. Je fais tout pour transmettre cette culture à mes enfants afin qu'ils puissent la comprendre et pouvoir la partager avec elle, et se sentir qu'ils ont des racines quelque part.
Nicole :
En fait ma maman est décédée en janvier des suites de la maladie d'Alzheimer. J'ai eu la charge et le bonheur de passer son dernier Noël à ses côtés. Puis elle a été hospitalisée et est partie au bout de quelques jours en service neurologie où on ne pouvait qu'apaiser ses souffrances. Cette maladie est terrible pour le malade et son entourage... Et perdre une maman est toujours douloureux. Ma soeur et moi l'avions presque perdue déjà depuis quelques temps, depuis qu'elle ne nous reconnaissait pas ou trop rarement. Maintenant nous essayons d'aider notre père à survivre à 84 ans, après presque 60 ans de mariage. Merci encore pour tous les témoignages que nous trouvons dans vos pages et longue vie à votre édition.
Christelle :
Mes grands-parents maternels ont, pour moi, été synonymes de lien familial et de présence. Ils ont réussi, malgré les distances entre les uns et les autres à maintenir une unité. Aujourd'hui encore ma grand-mère rassemble autour d'elle. Pour les vacances de février, elle sera entourée de 3 de ses 4 petits-enfants et de 6 de ses 7 arrière-petits-enfants, alors que nous habitons tous à des centaines de kilomètres les uns des autres. Mes grands-parents ont toujours été présents pour leurs petits-enfants. J'ai passé avec eux tous mes étés jusqu'à la rencontre avec mon mari à 23 ans. Malheureusement, nos propres parents sont beaucoup moins présents. De mon côté, mes parents (60 et 58 ans) travaillent encore et habitent à 1000 km. Et mes beaux-parents (62 et 63 ans)sont trop souvent indisponibles (associations, amis, voyages, bricolage...)alors qu'ils sont à la retraite. J'aurais aimé que mes enfants soient aussi proches de leurs grands-parents que moi j'ai pu l'être des miens. Mais la vie de nos parents sont trop chargées pour qu'ils soient des grands-parents tels que je l'imaginais.
Eva... A son grand père qui minimise son inquiétude et sa tristesse:
"Ecoute papi, arrête de me dire : Mais non, c'est rien, ce n’est pas grave!, Si je te dis que je suis triste et inquiète, c'est vrai ! Je sais ce que je ressens quand même, tu ne m'écoute pas! J'ai regardé mon père, je lui ai souri, il a ri.
Linda
AA :
Quand ils sont dans leur jeune âge, c’est plutôt nous grands-parents qui donnons à nos petits enfants des soins, des gâteaux, qui leur apprenons à recoudre un bouton, à tricoter, on joue aux cartes... Après cela s’inverse : cela fait plaisir d’avoir leur visite, de savoir ce qu’ils font, de sentir qu’ils aiment parler de ce qu’ils deviennent. J’aime aussi qu’ils me questionnent sur le passé, sur ce qu’ils ont vécu enfant chez moi, que l’on regarde ensemble les albums-photos. Moi-même, je regrette parfois de ne pas avoir assez interrogé mes aînés et maintenant ils ne sont plus là.
Cédrick :
Mon grand-père était général. Je me souviens de lui toujours très droit. Et c'est la ligne de conduite que je veux pour moi et mes enfants : avancer dans la vie en restant droits face à soi-même et face aux autres, sans faux semblant, sans mensonge, sans sournoiserie et sans se défiler, même si c'est parfois difficile.
Pierre dit à son grand-père qui en a marre de le voir affalé sur le divan et se fâche : « Ecoute grand-père, je suis ado, ca fait partie de mon âge, ne t’inquiète pas, ça va passer ! »
Odile
Anne-Sophie (Calvados) :
Cela pourrait sembler bateau, mais ma grand-mère m'a appris à regarder la nature, l'écouter. Petite, en ballade avec elle, elle me donnait le nom des fleurs, elle s'arrêtait au milieu du chemin pour me dire quel oiseau chantait. Les valeurs qu'elle m'a transmise sont simples, pleines de bon sens. Le respect de ce qui nous entoure, de la vie. Elle m'a longuement parlé et me parle toujours de ses accouchements, de le petite enfance de ses fils. Elle m'a permis d'être plus sereine dès ma première grossesse et de m'enrichir de son expérience. Et voir mes grands-parents amoureux à plus de 90 ans m'émeut et me rassure.
Sophie, 33 ans :
Les fêtes de famille quand on était petit, un souvenir qui restera gravé à jamais : Mon grand père, chef de famille, réunissait autour de lui tous ses enfants et petits enfants. La douceur d'un foyer chaleureux où régnait... le bonheur. Beaucoup d'amour et de tendresse de ma grand mère. Des moments cruciaux où nous allions chercher les œufs dans le jardin avec mes cousins et cousines, sous les yeux attendris de nos parents.
Des années plus tard, j'ai longtemps correspondu avec mon grand père. On partageait nos peines, nos joies, nos opinions. On s'échangeait une lettre par semaine. Je les ai toutes gardées, et récupérées les miennes, malheureusement. Comme ils me manquent... Ils auraient été fiers de nous voir aujourd'hui avec nos enfants.
Céline :
Un témoignage plein de tendresse je pense car ils ont été et sont toujours très importants dans ma vie. J'ai eu la chance des les connaître tous les 4 à d'arriver quand ils étaient encore jeunes et en pleine forme puisqu'ils avaient tous 50 ans. Je vais essayer de vous résumer tout ce qu'ils m'ont offert mais vous verrez que faire court n'est pas toujours mon fort... surtout lorsque je parle des gens que j'aime...
Marion :
Mes grands-parents m'ont apporté :
Du rêve et de la fantaisie
Mes grands-parents maternels n'avaient pas leur pareil pour nous faire entrer dans un univers magique et fabuleux. Mon cousin et moi avions la chance de passer quelques jours chez eux plusieurs fois par an, loin de nos maisons pleines de petits frères. Ces quelques jours étaient extraordinaires! Ma grand-mère nous emmenait au fond du jardin chercher les lutins et les fées qu'elle jurait avoir déjà rencontrés. Et croix de bois croix de fer, nous aurions juré les entendre rire! Nous allions ramasser des coquilles de noix dans lesquelles nous fabriquions de minuscules berceaux pour de minuscules poupées que nous fabriquions en papier. Mon grand-père nous emmenait au parc, "dans la forêt" (c'est à dire à 3 m50 du chemin) à la découverte de terres inexplorées. Nous traquions alors le loup, les ours....Nous frissonnions de plaisir! Quelles belles parties de fou-rires nous avons eus! Sur le chemin du retour se trouvait une statue du chat botté. Mon grand-père jurait que c'était le vrai qui faisait semblant d'être une statue. Nous passions beaucoup de temps devant à guetter ses mouvements. Nous étions étions sûrs au bout d'un moment de voir ses moustaches remuer! Quelles belles histoires nous avions à raconter à ma grand-mère à notre retour!
Ma grand-mère paternelle, elle, n'a pas son pareil pour organiser de grands jeux pour toute la famille. Nous en avons fait des parties endiablées de balle au prisonnier! Oncles, tantes, parents, enfants, tout le monde était enrôlé après chaque repas de famille. Nous étions alors divisés en 2 équipes et elle était bien évidemment le capitaine de l'une d'entre elles. Il fallait la voir crier, encourager, discuter les points! Elle a même une fois lâché ma petite cousin qu'elle tenait dans ses bras pour attraper le ballon! Ce sont des souvenirs très drôles que nous adorons évoquer aujourd'hui que nous sommes tous adultes! Elle était aussi championne de courses de brouette et savait construire des tentes comme personne. 4 draps de bain fixés à la nappe de la table de la salle à manger et nous devenions touaregs, prêts à l'inviter pour le thé! Elle le fait toujours, pour mes enfants cette fois, qui le lui réclament dès qu'ils ont passé sa porte... Et à 81 ans, elle continue de se glisser sous la table pour prendre le thé! Même ado, elle savait me faire rire! Je me souviens de cette après-midi passée chez elle. Ecoutant la radio, elle s'est écriée "Oh, j'adore cette chanson!" elle a appelé mon grand-père, ils ont poussé tous les meubles du salon et ont dansé ensemble! Si ce n'est pas enseigner le plaisir et la joie de vivre, ça...
Pour tout ce temps donné si volontiers, pour tous ces jolis rêves et ces jolies histoires, je pense que je peux vraiment les remercier...
De bons petits plats
Cela n'a l'air de rien, mais le plaisir de manger et de partager autour de la table est vraiment une histoire de famille. J'ai la chance (ou pas) de descendre d'une longue lignée de cuisinières émérites. C'est une grande pression mais aussi un vrai bonheur. J'ai des souvenirs émerveillés de croquettes au fromage et de gaufres aux myrtilles.... D'ailleurs au décès de ma grand-mère, ma mère m'a offert son tablier. Celui qu'elle mettait lorque nous allions chez elle. je suis toujours très émue lorque je le porte... Ma grand-mère paternelle qui a été prof de cuisine me transmet peu à peu les recettes de famille. Et que c'est bon les petits plats qui ont le goût de la transmission!
De la transmission d'histoires familiales
Enfants, ados ou adultes, rien ne valait pour nous les petites anecdotes familiales! Les petites et grosses bêtises, les peines de coeur, les belles rencontres... Quel bonheur de découvrir leurs vies, leurs doutes et leurs bonheurs! Les histoires qui nous permettaient de ne pas nous sentir seuls devant les petites et grosses difficultés de l'enfance. Petits, nous avons rit au larmes avec l'histoire de mon oncle tombé dans la fosse sceptique. Ado, nous étions émus quand notre grand-père paternel nous lisait les poèmes enflammés qu'il envoyait à notre grand-mère. Adultes, nous avons été bien rassurés devant leurs histoires de doutes sur l'éducation et leurs nuits blanches...
Les plus beaux cadeaux qu'ils m'aient fait venaient toujours de cette idée de transmission. Ainsi, pour mes 18 ans, ma grand-mère m'a offert un très joli coffret en bois sculpté. Il vait été fait à Verdun par mon arrière grand-père entre 2 assauts. Il l'avait fait pour sa femme afin qu'elle puisse y ranger les lettres qu'il lui envoyait du front. Ma grand-mère me l'avait offert pour que je puisse à mon tour y mettre les lettres d'amour de mon amoureux. Ce coffret qui parle si bien d'amour et de notre famille est un vrai trésor pour moi.
De l'écoute à l'heure de l'adolescence
A l'heure où les parents se sentaient si perdus et dépassés, qu'il était bon de se réfugier chez mes grands-parents paternels! Là, elle écoutait tout simplement mes histoires de copines et de petits copains....Dépassée peut-être elle aussi d'ailleurs... Elle me racontait les frasques de mon père au même âge que moi. Sans jamais juger, elle savait être là, tout simplement.
De la richesse humaine en me faisant découvrir leur être profond
De leurs émois d'ados à leurs difficultés de parents, par leurs histoires ils ont su nous parler d'eux, de leurs vies. Oui, il y a eu des moments où c'était difficile de vivre ensemble, où c'était compliqué d'élever des enfants. Qu'il fait du bien ce franc-parler! Qu'elle est bonne à prendre cette franchise! Surtout quand elle s'accompagne d'autant de recul sur les difficultés de la vie.....
Céline :
Chez mes grands parents c'étaient les vacances entre cousins et cousines, les cabanes, les tas de marrons a l'ombre des immenses marronniers, et aussi les petits pains blancs de ma mamie tous juste sortis du grand four a bois tartinés du beurre fait les jours précedents avec elle...Aujourd'hui mes grands parents ont 85 ans, ils sont par leur présence le signe du temps qui passe, laissant des traces sur les visages, permettant aux enfants d'appréhender la vie et aussi la fin de celle ci...Ils sont le livre de la famille que nous avons plaisir à ouvrir pour feuilleter quelques histoires.
Rachel :
Ma grand-mère maternelle proposait des cours de couture et de broderie aux enfants de 7 à 10 ans au sein d'une association; Je me souviens avoir passé mes mercredis après-midi avec elle et bien d'autres femmes et copines pour réaliser de beaux ouvrages. Aujourd'hui je me sers encore régulièrement de ses connaissances pour les petits accrocs, les ourlets, les prénoms à broder.... Et je la sens toujours à mes côtés....
* Mon père voulait à tout prix un câlin de sa petite-fille et n’arrêtait pas de « l’embêter ». Ma mère ne demandait rien. C’est à elle que Jeanne a montré de grands signes d’affection
Elisabeth
Claire :
J'ai 30 ans, mes parents 56 et 55 ans, mes grands parents maternel 83 et 87 ans, ma grand-mère paternelle 78 ans. Mon grand-père paternel est décédé il y a 10 ans.
Mon grand-père maternel m'a appris à nager dans le lac léman pendant les vacances d'été. Il était très gentil avec a grand-mère, participait beaucoup à la vie de la maison : apprendre par l'exemple...Ma grand-mère maternelle m'a beaucoup apporté dans un discret soutien lors d'épisodes important de ma vie où mes propres parents ont eu une attitude calamiteuse : ma première grossesse, j'étais assez jeune. Ma grand-mère paternelle m'a appris l'amour et le respect de la nature, la cuisine, la couture..
Jean-Paul :
Ma grand-mère m’invitait chaque année plusieurs jours avant noël pour que nous fabriquions des cadeaux. Nous passions du temps à imaginer, réaliser et mettre en scène tous ces cadeaux et ces moments étaient des moments de proximité et de partage très forts. Je pense qu’ils sont à l’origine de l’intensité de notre relation, de la qualité des partages que nous avons eu ensuite. Elle m’a ouvert des voies que je n’imaginais pas, écoutée avec bienveillance et participé à la construction de ma confiance en moi. Elle m’a impressionnée par sa force de vie, sa positivité, elle qui a vécu tant de grosses épreuves. Elle m’a aussi partagé sa foi avec passion. Plus tard je l’ai accompagnée dans sa maladie et sa fin de vie et là aussi elle m’a fait découvrir des chemins que je ne soupçonnais pas. Nous nous sommes mutuellement beaucoup apportées et régulièrement je pense à elle dans des situations où elle me manque mais où je la sais quand même présente à mes cotés.
Anne :
Mon grand père était pour moi un saint, qui lors de la mort de sa femme alors qu'il était en camp de travail sous l'occupation allemande, avait vécu une conversion bouleversante et vivait depuis les valeurs évangéliques de prière, de partage et de don de sa vie. En attendant avec patience et espérance le jour où il pourrait mourir et donc retrouver ceux qu'il avait tant aimés, tout dans sa vie était don aux autres. Il m'a transmis entre autres sa sérénité face à la mort et le souci de rester en cohérence et en authenticité avec sa conscience et son âme. Bien qu'il soit parti depuis longtemps maintenant, il me semble souvent qu'il est toujours là, une présence discrète et protectrice, à laquelle je me réfère dans les moments difficiles ….
Ma grand-mère maternelle ne disait que du bien de chacun,
Bernadette grand-mère ayant élevé 10 enfants et prenant soin de 26 petits enfants. Agée de 83 ans :
Ce monde est tellement différent du nôtre, nous ne vivons plus dans le même monde.
Je souhaite que mes petits enfants réussissent dans leur vie affective et professionnelle en sachant que les valeurs ont changé. Nous avons vécu dans un monde de lois qui nous servaient de repères, eux sont plus libre, mais cette liberté n’est pas facile à vivre. J’aime manifester mon attention concrètement : accueillir mes petits enfants selon mes possibilités physiques, leur préparer les plats qu’ils aiment (salade de fruits, bouillon...). je veille à leur donner des occasion de se rassembler d’autant que certains habitent aux USA et dans le sud de la France. Tant que nous avons pu le faire, avec mon mari nous avons loué une grand maison au bord de la mer en juillet et nous avons invités tous ceux qui le souhaitaient. Je tiens à leur transmettre que dans la vie l’important c’est d’aimer..
Elodie :
J’aimais bien mon arrière grand-mère très précieuse et cela ne me génait pas de dormir dans son lit. J’aimais peser tout ce qui me passait sous la main sur sa balance à poids et à plateaux... Elle n’était pas très aimée dans la famille mais moi je n’avais pas d’à priori et à postériori je me rends compte que je n’aimais pas que l’on dise du mal d’elle.
En fait je suis à l’aise avec les personnes âgées parce que j’en ai connu dans mon enfance. Du coup je suis aussi assez à l’aise avec la mort qui me tombera dessus un jour. Pour l’instant !
Christiane, grand-mère de 18 petits-enfants de 10 mois à 35 ans :
En tant que grand-parent, quand on s’adresse à un petit-enfant, on doit tenir compte de l’avis des parents et respecter les principes d’éducation qui diffèrent selon les familles. Cela demande intelligence et souplesse.
Aurélie :
Il me semblait ne pas avoir eu de relation interpersonnelle avec ma grand-mère. Mais surprise... Je me suis souvenue, il y a peu en faisant des mots croisés que c’est avec elle que j’ai partagé avec le plus d’intensité la joie de la recherche des mots à travers les mots croisés et la compulsion dans la consultation du dictionnaire. Je n’ai pas pu l’en remercier de son vivant. C’est la seule chose d’ailleurs que j’ai reçu de toi grand-mère hormis mon père bien sûr qui ne serait pas sans toi ! Et aussi que malgré tout j’aimais bien partager une semaine de vacances avec vous durant deux ou trois étés d’enfance.
Marion F :
J'ai 37 ans et mes parents ont 74 et 72 ans. Mes grands-parents m'ont surtout donné un énorme supplément de tendresse et de bienveillance que je garde comme un trésor et qui m'aide en tout.
Je conserve beaucoup d'admiration pour leur formidable goût de vibre, leur sens de la famille et des amis, une absence totale de mesquinerie et une grande honnêteté. Fils et fille de paysans ils avaient un sens inné de la nature qui se passait de grands discours, et je me souviens du potager de mon grand-père bordé par les fleurs de ma grand-mère, le tout chéri dans leur grand jardin. Quel symbole!
Il me semble que le grand privilège des grands-parents est d'avoir du temps à donner; quelles que soient leurs valeurs et leurs idées, je crois que temps et bienveillance peuvent apporter à leurs petits enfants un merveilleux appui pour devenir des adultes aimants, respectueux et épanouis. C'est ce que mes parents donnent maintenant à mes 6 enfants et je leur en suis infiniment reconnaissante