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1 - L’erreur une étape vers la connaissance

L’erreur selon M Montessori - Aurore Waghon


A l’issue de la lecture de l’article ‘L’erreur une étape vers la connaissance,’ paru dans le cahier n°1 page 22 ‘Mon enfant apprend… Je l’accompagne’, notre lectrice Aurore Waghon a souhaité approfondir le sujet en se référant à quelques extraits du livre « L’esprit absorbant de l’enfant » de Maria Montessori (Desclée De Brouwer – 92)
Maria Montessori interdit aux éducateurs de corriger les erreurs des enfants, elle dit page 199 « La maitresse ne doit en aucun cas […] intervenir pour louer, punir, ou corriger les erreurs ». Le contrôle de l’erreur offert par beaucoup d’activités permet à l’enfant de se rendre compte par lui-même qu’il a effectué une erreur. Nous n’avons donc pas besoin de lui signifier, il recommencera et répétera  de lui-même l’exercice jusqu'à atteindre le but recherché.

Aux pages suivantes (200-201 et 201-202) :
« Considérons l’erreur en soi. Il faut bien admettre que chacun peut se tromper ; c’est une réalité de la vie ; l’admettre constitue un grand pas vers le progrès. Si nous devons parcourir le chemin de la vérité et de la réalité, nous devons admettre que nous pouvons tous nous tromper ; autrement, nous serions parfaits. Ne vaut-il pas mieux avoir envers l’erreur un attachement amical, en la considérant comme une compagne qui vit avec nous, qui a un but, parce que, véritablement, elle en a un ;  beaucoup d’erreurs se corrigent spontanément au cours de la vie. Le petit enfant d’un an qui commence à marcher, incertain, vacillant, tombe ; mais il finit bien par marcher. Il corrige son erreur en grandissant, en faisant son expérience. »

De plus, Aurore précise : « Si nous lui faisions remarquer son erreur, l’enfant se sentirait humilié et perdrait la confiance qu’il a en lui et sur laquelle il va s’appuyer pour recommencer jusqu’à arriver au résultat voulu (il sait qu’il peut y arriver et y arrivera) ».


« Nous rejoignons donc avec le contrôle de l’erreur un principe scientifique qui est également un principe de vérité ; quelque chose qui soit faite à l’école par les maîtres, par les enfants ou par n’importe qui, il existe toujours des erreurs. Le principe doit donc entrer dans la vie de l’Ecole que, ce qui importe, ce n’est pas la correction, mais le contrôle individuel de l’erreur, qui nous dit si nous avons raison ou non. Moi, je dois savoir si j’ai travaillé bien ou mal et si j’ai jadis considéré l’erreur avec légèreté, elle m’est devenue d’un grand prix. Dans les écoles communes, un élève se trompe sans le savoir, inconsciemment, avec indifférence parce que ce n’est pas lui qui doit corriger ses erreurs ; c’est la maîtresse qui en est chargée. Que ce procédé est donc loin du plan de la liberté ! Si je n’ai pas l’habileté de contrôler mes fautes, je dois me tourner vers quelqu’un qui, peut être, ne le sait pas mieux que moi. Combien il est plus important de découvrir soi-même les erreurs que l’on commet, afin d’être capable de les contrôler. Une des plus grandes conquêtes de la liberté psychique, c’est de se rendre compte que nous pouvons en commettre  et que nous pouvons les reconnaître et les contrôler sans l’aide de personne. Si quelque chose rend le caractère indécis, c’est bien de ne rien savoir contrôler sans le secours d’autrui. C’est une source de complexes d’infériorité décourageants ainsi que d’un manque de confiance en soi. Le contrôle de l’erreur devient un guide qui nous dit si nous sommes sur la bonne voie. »
Concluons en citant d’autres propos de Maria Montessori dans le même livre au chapitre : ‘L’erreur et son contrôle’ « Les enfants de nos écoles sont libres, mais l’organisation y est nécessaire : une organisation plus serrée que dans les autres écoles, et qui doit permettre aux enfants d’être libres de travailler. S’ils accomplissent leurs expériences dans un milieu préparé, ils se perfectionnent ; mais il est indispensable de leur donner un matériel de travail spécial. » 

Et comme le précise notre lectrice et rédactrice occasionnelle de L'enfant et la vie : - Il y a contrôle de l’erreur par soi-même si le matériel et l’usage de celui-ci en donnent la possibilité.