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Un voyage en voiture avec deux petits enfants

Récit de lecteur

Deux heures quarante cinq c’est le temps que je dois passer en vase clos (ma voiture) pour me rendre à la mer.
C’est un long trajet avec deux petits bouts. Je choisis avec soin l’heure de départ. Ce sera l’heure de la sieste. J’imagine mes enfants se réveillant à la mer sans s’être aperçus de rien… Le rêve.
Avant le départ je fais le point : - valises, poussette, vélo, nourriture, plein d’essence, pneus regonflés. J’ai aussi prévu une panoplie de distractions en tous genres : les doudoux, jeux, livres, cassettes, eau, biberons, biscuits, coloriages… Tout est à potée de main dans un joli sac en tissu réayé sur le siège passager avant. Objectif : zéro tracas pour garder une conduite concentrée.
Le départ est imminent. J’adresse les adieux à mon mari et les enfants à leur papa. T out est bouclé, même les enfants. Je démarre. Le soleil s’est agrippé à nos fenêtres. Il fait une chaleur insoutenable. Premier arrêt 20 minutes plus tard pour accrocher une serviette à la fenêtre de mes loulous. Les enfants crient et gémissent. Il fait de plus en plus chaud, je ne comprends rien, le thermomètre extérieur indique 13 °. Je rumine : pourquoi n’avons-nous pas acheté une voiture disposant de la clim. Deuxième arrêt j’enlève les pulls de tout le monde, chacun étanche sa soif. J’entrouvre les fenêtres, c’est pire qu’en plein été. Les enfants se disputent. Pourquoi n’ai-je pas deux marmottes à l’arrière ? Mon garçon rouspète ‘J’aime pas aller loin’. Je dois rester zen
Je distribue les doudous, le calme s’installe immédiatement. Je profite de ce bien être soudain, bercée par le ronronnement du moteur. Cette trêve est de courte durée. Alexis trépigne, son doudou est tombé malgré toutes mes recommandations de bien tenir l’objet chéri. Je tente un repérage avec ma main en souhaitant ardemment sentir la douceur de son lapin.
Ah, les doudous ! Objets chéris pour le réconfort qu’ils apportent, et objets maudits quand ils prennent la poudre d’escampette.
Je le supplie d’attendre le péage sans broncher (20 km) en lui expliquant qu’il m’est très difficile de ramasser son nounours tout en restant vigilante au volant. Ses cris reprennent, je n’ai pas dû être assez convaincante. Je tente la politique de l’autruche pendant cinq interminables minutes. Puis j’essaie de faire diversion.  J’introduis une cassette enfantine dans l’appareil audio. Des chants entrainant se succèdent, mes chérubins sont joyeux.
Les enfants sont rouges, ils suent. Je m’aperçois alors une heure trente après le départ que le chauffage marche à toute vapeur. Un vrai sauna ! Je n’avais pourtant pas l’ambition de perdre des kilos sur la route des vacances. Pupuce s’endort enfin. J’incite son frère à faire de même. Quelle ne fut pas ma bêtise ! Il lui lance le livre qu’il regardait sagement. Sa sœur hurle. Ma patience s’effrite, j’en arrive au chantage, mais ne troque ni argent ni objet, seulement quelques instants de silence contre la promesse de construire un château de sable ce soir. Efficacité garantie !
Mon fiston plonge dans les bras de Morphée 20 minutes avant l’arrivée. Je ne rechigne pas de ce répit. Je décompresse.
Et comme dans un rêve mes petits bouts se réveillent à la mer, même si le rêe n’a pas eu la durée escomptée !
Mon attirail de distractions intérieures à la voiture n’a pas suffi, les enfants essayant toujours de capter mon attention. Aussi avec du recul, lors des prochaines vacances j’envisagerai ce voyage différemment. Je prendrai mon temps et arriverai plus tard à destination. Je prévoirai une pause goûter où chacun pourra se défouler sur une aire de jeux ou dans la campagne avec un ballon, ainsi toute la famille vivra le trajet de manière plus relax.

Mathilde Debaisieux 


publié le 04 avril 2006