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La première fois...

A l’origine des écrits de Claire Legrand et de Marie-Odile Crozat cette lecture d’un extrait de l’article fort intéressant de Anne Filippi : A 17 ans, une vision du couple très carrée’ Dossier n°86 ‘Premiers pas en couple’ Editions feuilles familiales’.

 

La première fois...

 

Dans leur grande majorité, les jeunes voient les relations sexuelles comme un impératif quand on est amoureux
.../... Même à 15 ans, pour eux, quand on est en couple, on couche ensemble. Et à 17, 18 ans, il faut absolument avoir eu son premier rapport sexuel. Ils parlent de cela assez spontanément dans l’animation et font part de leur expérience personnelle, alors même qu’on leur demande de ne pas le faire. Je pense que certains retardent la mise en couple parce qu’ils imaginent que s’ils sont avec quelqu’un à 17, 18 ans, dans les trois jours, ils seront dans leur lit et que directement ils devront lui faire une fellation. Je me souviens d’une animation où l’on s’était attardé là-dessus et où on expliquait que l’on pouvait prendre son temps et aller par étapes, que certains avaient leur premier rapport dans la semaine, d’autres dans les 6 mois, d’autres encore dans les trois ans et qu’il n’y avait pas de norme dans le domaine. Cela les a vraiment étonnés. Même chose quand on leur a dit que l’on n’avait pas à parler avec les autres de relations sexuelles que l’on avait eues. Pour eux, cela semble parfois évident que quand on a un rapport sexuel, il faut en parler, les autres sont au courant même techniquement de ce qui s’est passé ; Il ya une espèce d’impudeur par rapport à ce qui se passe dans le couple. Tout le monde est au courant de tout  et assiste aux disputes, comme si il n’y avait pas d’intimité possible. Cela les rassure donc quand on leur rappelle que cela concerne l’intimité, qu’à priori, on n’en parle pas aux autres.
Au fond, sous certains aspects, l’entrée dans la vie de couple est assez brutale. Dès que l’on s’aime, on commence à entretenir des relations sexuelles et on se met des normes de fidélité strictes. On ne se dit pas que l’on va y aller progressivement, que l’on va tout d’abord apprendre à se connaître,  voir si on est sur la même longueur d’onde et puis échanger ensuite des choses plus intimes… C’est tout ou rien. On a l’impression que dès le départ, l’enjeu est très important, qu’ils ne conçoivent pas qu’il faut aller progressivement, prendre son temps, qu’on peut décider en couple de respecter le rythme de chacun et que cela ne regarde personne d’autre. Ils ont l’air soulagés quand on le leur dit.

Anne Filippi
, assistante sociale, travaille en centre de planification en Belgique. Elle rencontre chaque année plusieurs centaines de jeunes lors de ses animations à la vie affective dans les lycées.



publié le 21 octobre 2009