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Numéros 146, 148 et 149 : Complément aux pages Courrier

Vous trouverez dans ces pages sur site les thèmes suivants : Les pleurs des petits - Co-écoute - Lettre au journal - Pollution et allaitement -

Faute de place nous ne pouvons tout mettre dans nos pages, voici donc un ‘+’ de lecture des lecteurs et des rédacteurs fait d’extraits de courriers et de réponses aux courriers…

* Nous vous avons rencontré au Salon 'Naître et grandir dans le nord' à Marcq et avons découvert votre magasine et acquis le superbe livre de Jeannette Toulemonde. Quel soulagement de voir écrits noir sur blanc nos convictions les plus intimes! Nous qui sentions bien que notre rôle relevait plus de l'accompagnateur  que du dresseur, découvrions que nous n'étions pas les seuls, que d'autres y croyaient dur comme fer et que cette démarche n'était pas aussi farfelue que le laissait entendre une partie de notre entourage
MCW, Lille (Nord)

* En réponse à S. de Corrèze (n° 291) de l’Enfant et la Vie d’octobre 2006.
Chez nous aussi il n’y a que de toilettes à l’étage et même pour moi qui suis adulte je ne trouve pas ça commode (j’ai la flegme de monter à l’étage rien que pour ça !).
Ma grande fille de 11 ans se fait violence car elle a peur seule en haut (notre maison est très grande). Notre fils de 8 ans a trouvé la solution, si c’est pipi il va dehors dans le jardin…Enfin pour notre petite dernière nous avons mis un pot dans un coin du rez-de-chaussée car il est parfois difficile pour elle de se retenir en montant l’escalier. Nous avons l’intention d’installer des toilettes sèches. Il paraît que les enfants adorent parce qu’ils voient leurs besoins, ils couvrent avec la sciure…Idée à creuser ?
Signature égarée (regrets)

* Le principal intérêt de L’enfant et la vie, à mon sens, c'est de lancer des pistes de réflexion : la résilience, l'écologie, la communication avec les ados, l'allaitement, et des tas d'autres sujets passionnants, en laissant l'espace et la responsabilité au lecteur de les approfondir si ces sujets résonnent en lui. Merci pour ce beau travail.
GV, Meyrargues (Bouches du Rhône)

* Cher Journal
Cela fait 17 que tu m'accompagnes dans mon rôle de Maman et d'institutrice; j'ai souvent eu envie de te dire Merci, alors je le fais aujourd'hui......
Merci d'abord d'être un journal de « chercheurs » et non « un prêt à penser » qui écarterait ceux qui oseraient avoir un avis différent...je tiens beaucoup à cette liberté de ton....
Merci de véhiculer la pensée de Maria Montessori qui avec le père Faure et célestin Freinet mais il y a en a aussi plein d'autres ont eu l'intuition géniale que Liberté ne voulait pas dire, « je fais ce que je veux quand je veux » mais qu'elle se conjuguait merveilleusement avec Respect et Exigence...C'est tellement dommage que l'on parle si peu d'eux/....mais peut être qu'un pays a peur de former de futurs penseurs libres.....(Si j'ai, par ailleurs, vraiment aimé la 1ère formation d'instits que j'ai eu au centre du père Faure pour le contenu, j'ai détesté que l'on nous dise qu'en dehors de cette pensée point de salut..; il me semble que dés que l'on devient élitiste, quelques soient les idées, on s'éloigne de ceux qui pourraient penser différemment et cela me parait dangereux..). J'ai quitté l'enseignement catholique par besoin de m'oxygéner ( même si je n'ai rien contre....vive la diversité.....) et j'ai refait l'IUFM où j'ai trouvé des gens très riches aussi ...
J'enseigne aujourd'hui dans l'enseignement public...dans une petite maternelle de Zep où les enfants sont respectés où les parents ont leur place et se savent soutenus et même sil n'y a pas de méthode clairement annoncée ces deux éléments font qu'il y a un climat de paix beaucoup plus grand que dans la 2° école où je travaille , milieu + privilégié mais trop de pression scolaire sur les enfants.....
Merci de m'avoir accompagné dans mon rôle de maman de 4 enfants (17, 15, 13, 6...) qui a plus d'une fois connu le « burn out », voir même une grosse dépression a trente ans. Cela reste un très mauvais souvenir mais aussi une merveilleuse période ( après....) de renaissance qui dure encore aujourd'hui, à 41 ans...la vie est longue...chouette !!.....
lMerci d'avoir parlé à plusieurs reprise de la « Co-écoute » il y a quelques années déjà mais cela a muri lentement ..Et j'ai commencé a pratiquer cet outil , pour moi devenu essentiel, il y a un an et avec d'autres « co-écoutant » d'âges, d'origines, très différents...cette petite bulle de bienveillance, ce lieu de décharge émotionnel m'apporte beaucoup...beaucoup....
Merci, car si je me sens bien aujourd'hui dans ma vie de maman et d'instit, qui me passionne sans être un long fleuve tranquille, loin de là......c'est aussi grâce à toi, petit bulletin bleu puis multicolore ...je n'ai qu'un petit regret, que mon homme ne t'ai jamais lu. Mais bon...je me dis que nos enfants ont aussi bénéficié de cette diversité là...alors tant mieux......même si la diversité n'est pas que "Zen"......
Un dernier Merci tout particulier à Jacques et Jeannette Toulemonde sans qui cette belle aventure n'existerait pas.....
BG, Carquefou (Loire Atlantique)


Réponse à Sophie - parue dans le numéro 146
Il est évident qu’en l’absence de l’évocation de la pollution que vous redoutiez, la compréhension de votre témoignage était biaisée.

Votre non allaitement ne m’agresse absolument pas. Chacun ses choix et ses responsabilités. Pour tout vous dire, il m’arrive très souvent qu’une maman qui n’a pas allaité vienne m’expliquer pourquoi, alors que je nourris ma fille sans me cacher...alors que je ne lui demande rien et que, même, je m’en fiche.

Ce sont vos propos présentant l’allaitement comme une entrave à l’investissement du papa qui m’ont fait réagir...réaction d’autant plus forte que je vérifie chaque jour qu’il ne suffit pas de partager les biberons pour se sentir “père” et “couple parental”. Alors, autant donner à mon bébé le seul aliment qui lui soit adapté.


Quant au phénomène de la pollution par le lait, je m’étonne qu’il soit une entrave absolue à l’allaitement...puisque le bébé s’est développé et nourri de ce corps que l’on dit “pollué” à la période la plus importante et la plus primordiale de son existence. Si la pollution n’a pas posé de problème in utero, je ne vois pas comment ça pourrait en être un par le lait. (Michel Odent est très clair au sujet des risques de la pollution pour le foetus in utero :
http://www.wombecology.com/
A vivre dans un univers pollué, autant être protégé par les anticorps de sa maman (car la pollution est partout, n’est-ce pas ?).

La phrase de winnicot ? Une métaphore, bien sûr ! Et ne concernant pas le financement de la nourriture ! Mon mari ne me nourrit pas non plus (quoique si c’était le cas, je n’en nourrirais aucune honte). Mais c’est une manière de dire que quand la maman est occupée à nourrir le bébé, papa peut la protéger des diversions, et des attaques (pas rares du tout dans ce pays où l’allaitement est toujours considéré comme une sous-tâche, un esclavage, et une renonciation au combat féministe d’arrière-garde), s’occuper des tâches de la vie courante pour lui permettre d’être libre de se consacrer aux premiers mois du bébé (je rappelle qu’ailleurs dans le monde, les mamans restent allongées quelques semaines, et on s’occupe d’elle et de sa famille)...il peut faire les courses, le ménage et.... lui préparer à manger pendant qu’elle nourrit le bébé...C’est tout ce que dit la phrase de Winicott.

En ce sens, il entoure, protège, enveloppe....et s’occupe de la mère, donc de l’enfant. Et c’est bien dans ce rôle-là que s’épanouit mon mari aujourd’hui, mon compagnon, celui qui a pleinement été présent lors de NOTRE accouchement à la maison, en juillet 2004. Un histoire de couple, d’amour, devenu aussi une histoire parentale, pour créer notre famille. Et pourtant, il lui fallait y “croire” après une première union douloureuse et une première paternité très difficile...malgré un partage 50 /50 des biberons et soins.

Pascale F (Albi)
 Théo (05/07/00), Roxane (31/07/04) -  (81)
http://avancer.canalblog.com
"L'obstétrique traditionnelle consiste à surveiller un phénomène physiologique en se tenant prêt à intervenir à tous les instants. L'obstétrique moderne consiste à perturber le dit phénomène de telle sorte que l'intervention devienne indispensable à l'heure exacte où le personnel est disponible." Professeur MALINAS (gynécologue-obstétricien)

Réponses au courrier de SL, paru dans le n°146 Page 6

Ce qu'il est très important à dire c'est que l'intoxication au mercure est essentiellement due aux plombages dentaires, qu'il ne faut surtout pas y toucher sans une protection très importante (la dépose libérant des quantités énormes de mercure), que les dentistes sont très rares à faire les choses correctement...à tel point que je ne trouvais personne dans ma région. La solution a été de m'adresser à Mme Kinder (www.fimt.com) qui fournit un kit de dépose, ce qui permet de se rendre chez son dentiste, elle a publié 2 recueils qui expliquent comment se préparer et se désintoxiquer au préalable,ainsi que la démarche que le dentiste doit adopter ! Je suis prête à guider toutes les personnes qui souhaitent se débarrasser de cette pollution (mon e-mail à donner à la rédaction).Quelques remarques encore:à tout prix éviter de se faire soigner les dents en utilisant des amalgames, les femmes enceintes doivent éviter le dentiste, ne pas déposer les amalgames en allaitant, ne pas prendre des chélateurs (produits chassant les métaux) tant que l'on a des amalgames en bouche (car ils tirent les métaux des dents pour mieux les répartir dans le corps)...
A.R, Belz (Morbihan)

 

s Dans la réponse de Sophie il est écrit qu'elle a décidé de ne pas allaiter également parce qu'elle a été intoxiquée au mercure, et qu'elle voulait préserver autant que possible le corps tout neuf de ses filles. Je ne sais pas ce que Sophie veut dire exactement par "intoxiquée au mercure", mais il me semble nécessaire d'apporter quelques précisions. Afin de pouvoir faire un choix informé, les femmes ont besoin d'avoir des informations correctes.

On parle beaucoup de la pollution du lait maternel. Mais la pollution de l'enfant commence à la conception (voire même avant si on veut prendre en compte l'impact potentiel des polluants sur les ovules et les spermatozoïdes). Pendant la grossesse, le foetus est exposé à tous les polluants présents dans le sang maternel, à une époque où il est beaucoup plus vulnérable à l'impact de ces polluants qu'un nourrisson.

Toutes les études effectuées sur le sujet ont conclu que, sauf cas de catastrophe écologique majeure exposant les femmes à des taux massifs de polluants (auquel cas la situation sera à réexaminer), non seulement l'allaitement avec un lait pollué n'aggrave pas les conséquences de la pollution pendant la vie foetale, mais au contraire il permet, dans une certaine mesure, de "réparer les dégâts". C'est également valable pour le mercure, dans des études portant sur des populations exposées à une pollution élevée par ce métal. Par exemple Une étude de Grandjean et al (Milestone development in infants exposed to methylmercury from human milk. Neuro Toxicol 1995 ; 16 : 27-34) concluait que l'allaitement semblait présenter des avantages pour le développement neurocomportemental des enfants en dépit de la contamination du lait maternel par le méthylmercure.

Une étude de Dorea et Donangelo (Early (in uterus and infant) exposure to mercury and lead. Clin Nutr 2005 Nov 21) concluait que l'exposition de l'enfant était plus élevée pendant la grossesse que pendant l'allaitement, et que le non-allaitement ou un arrêt rapide de l'allaitement n'étaient pas une option souhaitable en cas de pollution par le mercure ou le plomb.

C'était également la conclusion d'une étude de Bjornberg et al (Transport of methylmercury and inorganic mercury to the fetus and breast-fed infant. Environ Health Perspect 2005 Oct;113:1381-5).

Ensuite, on parle beaucoup de la pollution du lait maternel, on parle très peu de celle du lait industriel pour nourrissons. Or, ces laits industriels sont habituellement nettement plus pollués par les métaux lourds que le lait maternel. Par exemple, une étude de Drash et al a constaté un taux moyen de mercure de 0,37 µg/l dans le lait maternel, et de 0,76 µg/l dans le lait industriel (Mercury in human colostrum and early breast milk. Its dependance on dental amalgam and other factors. J Trace Elem Med Biol 1998; 12(l) : 23-27). Les taux de mercure étaient les plus élevés chez les mères qui avaient plus de 7 amalgames dentaires.

Il n'existe aucune donnée sur le taux de mercure qu'on aurait pu retrouver dans le lait de Sophie. Il n'existe non plus aucune étude ayant comparé le taux de mercure dans du lait industriel biologique ou non biologique. Il est donc totalement impossible de savoir, en l'occurrence, si le taux de mercure dans le lait de Sophie aurait réellement été plus élevé que dans un lait industriel pour nourrissons, standard ou biologique ; sans parler du fait que même en ce cas, l'impact négatif d'un lait industriel sur le développement neurologique (entre autres) de l'enfant est habituellement toujours plus important que l'impact potentiellement négatif (mais non constaté) de l'allaitement par une mère dont le lait contient des polluants.

 

Françoise Railhet

Responsable du Programme des Référents Médicaux de LLL France

frailhet@magic.fr




publié le 04 avril 2006