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Courrier des lecteurs paru dans le numéro 147

147 le Courrier des lecteurs


Principaux sujets traités dans le courrier du numéro 147 : réagissez, répondez-nous, répondez-vous !
274 Communication Parent/Enfant
275 Tenir conseil en famille/ Les récompenses – Les rangements
276 Apprendre la politesse
277 L’instruction à la maison
278 Accouchement pas comme prévu
279 Cuisiner autrement
280 Les non des petits

Vos questions
281 Accouchement
282 L’apprentissage de la propreté
283 Devenir parent - Choisir une nourrice

Vos commentaires sur la revue et son contenu

  • Pourquoi ne pas faire nous-même de la pub facile pour L’enfant et la vie, en mettant un bandeau à la fin de nos mails personnels (avec logo, lien vers le site) ? Philippe Q, La Réunion

  • Je tiens à vous faire part de mon respect pour l’humilité qui émane de vos expériences.
SL, Coulonges, (Deux-Sèvres)

  •  Le dossier ‘Père-Mère une différence gagnante’ était rassurant. Finalement en réfléchissant bien, il n’est pas important de savoir si l’un ou l’autre est plus important, mais d’être présent au moment où c’est nécessaire…/… Les parents ne décident pas toujours… les enfants s’adressent d’eux-mêmes au parent dont ils ont besoin, au moment où ils en ont besoin.
FT, Munich (Allemagne)

  • 274  Communication parents enfants
Suite à l’article : il la eu plein de cadeaux et moi deux’. n°146 p.22

Je lis l’article d’Odile sur sa discussion avec son fils pour une histoire de cadeaux d’anniversaire. Impressionnant ! Je viens d’essayer de faire exactement la même chose avec Sonia, 7 ans, parce que son frère avait été servi avant elle à table : Sujet différent, mais âge et principe strictement identique. Et bien c’est l’échec total. La seule réponse que j’ai pu obtenir, malgré mon écoute (si, si !), c’est « Tais-toi » et «  Laisse-moi tranquille. ». Alors, bien que je sois convaincue du bien-fondé de votre façon et de ma façon d’envisager le ‘parentage’, je reste souvent démunie, en manque d’énergie, en manque de ressources devant les réactions et la ténacité de mes trois enfants. Ils ont le droit de s’exprimer et ils le prennent !! Que c’est fatiguant ! Quelquefois, je me dis qu’une fessée ou une punition simplifierait bien des choses. Si, si, je vous jure que j’y pense ! Heureusement que vous me répétez qu’ils apprennent, grandissent, expérimentent, etc. Parce que moi, souvent, je désespère!!
AMDP, 37 Azay sur cher

Vos réponses aux courriers des lecteurs parus dans les précédents numéros

  •  Semaine scolaire de quatre jours
Réponse au courrier n°273
Lorsque la situation familiale met l’enfant en danger (repas et sommeil non assurés, habitation vétuste, maltraitance latente ou flagrante) mieux vaut un samedi matin à l’école. Par contre dans la situation où l’un des parents est absent la semaine, où lorsqu’il y a une garde alternée des enfants semaine/week-end ou lorsqu’il y a la possibilité de prendre l’air dans une maison de campagne, pour tous ceux-là, oui, deux jours de coupure c’est bienfaisant.
OA, Mouvaux (Nord)

  • 275 Tenir conseil en famille
Réponse au courrier 265 p.6 n°146

* Tenir conseil en famille, c'est magnifique tant que les membres du groupe restent d'accord pour le faire. Chacun et chacune, parent ou enfant, et le groupe tout entier en tirent profit. Il vaudrait mieux, à mon avis, que dans cette circonstance le parent soit sur un pied d'égalité avec les enfants, et même que chacun à son tour, parent ou enfant, anime le groupe, soit le Président de l'Assemblée en quelque sorte.
Là où je tique, c'est sur l'attribution de récompenses, inspirées par Gisèle Georges dans le livre cité. A mon avis les récompenses sont aussi dangereuses que les punitions (relire les articles à ce sujet dans le livre 'L'enfant', de Maria Montessori, le chapitre 'Récompenses et punitions'. Ce livre peut vous être prêté, voir page 38)…/…L'attribution de ces points et leur comptabilité fausse, à mon avis, la bonne idée de concertation en famille.
J.T., Hem (Nord)


  • Suite de la lettre 265 parue dans le n°146 p.6
* Pour ce qui est du tableau d’objectifs et du jeu des points, je dois quand même dire que celui-ci a été mis en route juste après la naissance de Flavien. Les enfants étaient tellement énervés à mon retour de la maternité qu’ils couraient partout, criaient, sautaient comme des puces. Leur père allait repartir travailler (absent toute la semaine) et je restais seule avec mes trois jojos dont un tout petit bébé allaité à la demande. J’avoue avoir eu un peu peur de ne pas m’en sortir et m’être dit qu’il fallait que je trouve très vite un moyen de garder le contrôle sur les deux ainés afin de pouvoir m’occuper correctement de mon bébé, d’où le fameux tableau.
5 avril. Aujourd’hui j’ai le sentiment que même si la méthode marche elle est condamnée à évoluer. J’essaie de plus impliquer les enfants. Exemple : l’ordre dans le lieu de vie commun. Leur père et moi ne supportons plus de slalomer entre les jouets épars. Nous leur disons : nous avons besoin d’ordre. Après tout, ce n’est pas que la maison des enfants mais aussi celle des parents. Qu’est-ce que vous proposez comme solution ? Vous me les dites toutes et on cherche ensemble celles qui conviennent à tous et ensuite on applique. Une semaine plus tard on réévalue : «Comment ça s’est passé ? « Si ça ne marche pas bien pourquoi et comment faire. Je n’ai pas de réponse précise. Je cherche constamment et je ressens de plus en plus le besoin de prendre des cours car je trouve que je manque d’outils pour interagir avec mes enfants. Je ne suis pas toujours content e de ce que je fais avec eux ou de ce que je leur dis
17 mai : la situation a encore évolué. Florentin n’a pu continuer à tenir ses engagements par rapport au rangement dans le lieu de vie commun. J’ai laissé courir. Il renâclait trop par rapport aux rappels à l’ordre. Cela n’allait pas. Ce week-end son père a pris les choses en main et avec l’aide et l’accord de Florentin a effectué un grand rangement dans le lieu de vie commun et la chambre de Florentin avec toute une réorganisation des espaces de rangement. Mon mari est très doué pour ça. C’est une chance… Florentin était très content et très partie prenante. Depuis sans qu’il soit nécessaire de faire figurer cet objectif dans son tableau, il range sa chambre tous les soirs, je n’ai qu’à lui demander une fois et il le fait avec beaucoup de sérieux. Je suis épatée par mon petit bonhomme de 4 ans et demi. Si cela n’avait pas fonctionné nous avions convenu avec Christophe de réévaluer nos attentes par rapport à Florentin et de voir avec lui ce qui lui conviendrait mieux. Suite au prochain épisode.

AG, Haubourdin (Nord)


  • 276  La politesse
Réponse au courrier 266 p.7 n°146

Comme CW, nous avons été polis et respectueux envers notre plus jeune fille, nous lui disions bonjour, au revoir, merci, s'il te plaît. Comme le père de la jeune fille qu'elle a citée dans la lettre, j'ai pensé que cela lui viendrait naturellement. Eh bien non. A l'âge de 18 ans par exemple, quand elle réparait sa moto dans la cour de notre maison et qu'un visiteur arrivait, elle ne le saluait d'aucun bonjour et ne levait même pas la tête. Alors j'ai pensé à l'exercice de politesse que les tout petits exécutent à l'école Montessori: tendre la main, dire bonjour et au revoir, tenir la porte ouverte et laisser passer l'invité en premier… Les jeunes enfants aiment beaucoup cette leçon concrète. Je pense qu’elle leur plairait aussi si elle était proposée à la maison (et non pas imposée). Comme le dit C.W. il  s'agirait de "faire" et non pas de "dire".
Ceci dit, notre fille a actuellement 39 ans, elle est très aimable, souriante et polie. La vie le lui a appris.
J.T., Hem (Nord)


  • 277 Instruction à la maison ou à l’école
Réponse à JT lettre 264

…/… Mais je voudrais surtout répondre, comme je réponds à beaucoup de gens qui m’interrogent, l’école à la maison, ce n’est pas : « les enfants en plus de tout le reste », c’est autre chose, une tout autre vie, une autre énergie. L’école à la maison, ce n’est pas du tout des enfants qui seraient en vacances tout le temps et qui feraient des devoirs de vacances toute l’année. …/… D’ailleurs, les familles qui adoptent l’école à la maison après un temps d’école, mettent souvent plusieurs mois voire plus à trouver un autre rythme, une autre manière de vivre avec ses enfants. On apprend à les connaître autrement, à approfondir la relation. Avec notre mode de vie d’enfants scolarisés à la maison, (pour ne pas dire « non scolarisés » puisqu’ils ne vont pas à l’école), je n’ai pas les horaires d’école à respecter, je n’ai pas les sorties d’école à faire pour tous, je n’ai pas les innombrables trajets, je n’ai pas les devoirs à surveiller, je n’ai pas de cahiers de vacances, je n’ai pas de réunions parents-professeurs, je n’ai pas de sous des écoles qui réclame la participation, je n’ai pas en fin d’après-midi le stress des enfants qui ont été enfermés et surchargés toute la journée…Donc je gagne un temps fou fou fou !…/… Je trouve que les deux modes de vie sont incomparables, c’est vraiment autre chose, ce n’est pas plus de travail, c’est un autre travail. La difficulté est effectivement de trouver des moments de vraie tranquillité puisqu’on les a beaucoup à la maison. …/… Ce qui est sûr c’est que pour faire l’école à la maison, il faut aimer vivre au quotidien avec ses enfants, il faut aimer leur transmettre, il faut aimer les accompagner, non pas que les parents d’enfants scolarisés ne le font pas mais l’intensité est moindre car ce n’est pas du chaque instant du chaque moment ! J’ai 4 enfants à la maison dont 2 d’âge scolaires 10 et 7 ans, et 2 d’âge préscolaire de 2 et 5 ans))



Vos récents courriers

  •  J'ai la chance d'avoir un père bricoleur et ainsi, lors de son dernier séjour, je lui ai demandé de me fabriquer un sommier très bas mais pour un lit double (en bois)...comme cela je peux m'allonger pour allaiter et endormir Casilde et si besoin faire la sieste avec elle !! Pour la nuit, elle dort encore avec nous.
A.Z.,


  • Trois livres conseillés par nos lecteurs
-  conseille : ‘Il faudra’ de T. Lenain chez Girafon Poche, 4,95 € Depuis le ventre de sa mère un enfant contemple le monde, ce qui ne l’empêche pas de naître le cœur plein de projet…Livre magnifique très touchant, dans l’esprit de ‘L’enfant et la vie’
- Marion Douarche conseille le très beau roman écrit par un amis écrivain : Le petit poucet à roulette de Mariette Jacquet collection Sarment. Dans son fauteuil Benoit observe tout et nous invite à regarder autrement le monde.
- Christine Berthon conseille, en matière de livre humanitaire, le livre du mari de notre lectrice et amie Marie-Noëlle : ‘Bédiry la volontaire’ de Gérard Dhôtel, collection Syros jeunesse : C’est un livre poignant, sur les conditions de vie et d’éducation en Erythrée petit pays d’Afrique oublié des grandes puissances où il ne s’agit plus de vivre mais de survivre.


  • 278 Une naissance pas comme prévue

Pour ce qui est de la naissance de Flavien, il n'était pas prévu du tout que j'accouche à la maison. Mon terme était prévu pour le 24 octobre.  Le vendredi 21 octobre, je ne me sens pas bien, j’ai mal et ça ne passe pas. Je me lève et je marche dans la maison. Il est 5 heures du matin. J'appelle le SAMU pour qu'on envoie une ambulance pour me conduire à la maternité Jeanne de Flandre. L'ambulance tarde à venir. Il est environ 6 heures 30, je romps la poche des eaux très franchement. Je m'allonge sur le canapé. Christophe s'occupe des enfants à l'étage. Il faut les rassurer, expliquer ce qui se passe.
L'ambulance arrive avec deux brancardiers. L’un d’eux reste près de moi, l'autre appelle le SAMU. Je me sens seule et j'ai peur. J'ai envie de pousser : est-ce que je peux? Et si je faisais du mal à mon enfant? Et si la dilatation n'était pas complète?...Je me retiens. Et si en me retenant je risquais aussi de faire du mal à mon enfant?...J'appelle à l'aide. La voisine m'entend et vient chez moi. Elle reste et me tient la main. Quel soulagement d’avoir une femme à mes côtés ! Finalement, n'y tenant plus je pousse avec le sentiment que tout se joue, là, maintenant et qu'il n'y aura pas de 2ème chance et Flavien sort de moi. Le brancardier le met sur mon ventre. Il ne crie pas du tout ce petit bébé mais il respire, il va bien, je le sais, je le sens. Je nous couvre d'une couverture que Christophe m'a apportée.
Enfin! Tout est bien. Les enfants descendent 4 à 4 pour faire connaissance avec leur petit frère. C'est un moment magique, merveilleux, le temps suspend son vol, plus rien n'existe que nous Christophe, Mariette, Florentin, Flavien et moi. Après un tel accouchement, je me suis sentie fière de moi et fière de mon petit Flavien, si courageux. Accoucher à la maison c'est sûr, c'est une expérience qui fait grandir (pour autant que la vie de la maman et celle de son enfant ne soient pas en danger).
A.G., Haubourdin (Nord) 


  • 279  Les repas autrement

Depuis mon rendez vous hebdomadaire avec l’association ‘cabas bio’ je cuisine des légumes que je ne choisissais pas, je découvre des goûts excellents et des producteurs du coin, tout cela redonne du sens à nos repas. En même temps j’ai découvert la cuisine à la vapeur et après quinze ans autrement, cela m’a donné un nouvel élan pour cuisiner pour ma famille : même les saucisses que nous cramions à la poêle, sont devenues excellentes, ainsi cuites avec les patates et une pincée de thym…
AA, Marseille (Bouches du Rhône)

Vos questions et appels aux lecteurs et rédacteurs


  • 280  Mon petit qui grandit, mon petit qui dit non

Echange de courrier entre Jeannette Toulemonde et CG et PD Aix en Provence (Bouches du Rhône)

Dès que nous ne sommes pas d’accord avec ce que fait notre petit garçon de 1 an, Timothée, il nous regarde droit dans les yeux, éclate de rire et continue de plus bel et encore plus vite.
Très influencée par le livre ‘Place à l’enfant’ (réédité sous le titre ‘Le quotidien avec mon enfant’), la maison est entièrement ou presque adaptée pour lui, il a donc une grande liberté de manœuvre, mais il a trouvé les failles : par exemple, le linge que j’ai plié laborieusement, les livres qu’il jette à terre… Dès qu’il peut, il fonce dessus et attend en riant mes réactions ! J’avoue que nous ne comprenons pas et sommes démunis, voir exténués à la fin de la journée ! Cherche t-il des limites, s’ennuie t-il ? Il faut dire aussi que sa journée (et la nôtre) est ponctuée de refus : changer sa couche, s’habiller, manger, s’attacher dans le siège-auto, dormir…tout est résistance et perte de temps. On a l’impression qu’il veut être un grand et tout ce qui se rattache à une vie de bébé ne lui convient pas. Passionnant et épuisant car la demande est permanente. Du coup, on ne sait plus trop comment réagir. Si avec votre belle expérience vous avez une idée, nous l’accueillerions avec bonheur.

Réponse de Jeannette
Rassurez-vous, Timothée ne va pas faire cela jusqu’à ses dix-huit ans. En attendant vous êtes bien embarrassés. Votre fils a une forte personnalité ! Cela lui servira dans la vie. Je ne pense pas qu’il mette votre maison à sac pour vous contrarier, mais pour essayer, tester, s’occuper, expérimenter.
Je suppose qu’il a des occupations, des jeux rien que pour lui. Mais cela ne lui suffit pas. Je ne vois comme échappatoire à ses ‘bonnes idées’ que les éviter le plus possible.
Pour répondre à vos exemples :
- mettre à une hauteur inaccessible pour lui le linge que vous venez de trier, ainsi que les livres. Cela ne sera peut-être pas esthétique mais c’est passager. D’ici quelques mois, il aura déjà compris certaines choses et ensuite d’autres, etc. Ne laisser à sa portée que ce qu’il peut toucher, prendre, déplacer.
- Quand l’heure est venue de ranger : le faire devant lui, en lui montrant et en lui disant que la place de tel objet, c’est à cet endroit-là. Et même lui donner l’objet dérangé pour qu’il le mette à sa place lui-même. Le faire comme un jeu. Les enfants de cet âge sont sensibles à l’ordre (mais pas toujours à notre ordre à nous).
- Quant aux refus des nécessités importantes, je suppose que vous essayez de les réduire au minimum, mais il en restera toujours, que vous êtes bien obligés de lui imposer : le faire alors le plus calmement et même joyeusement aussi tendrement que possible, mais très fermement. Lui expliquer ce que vous faites : je prends une couche propre, je défais ta couche sale, scratch-scratch, je te lave, je te sèche, on jette la couche usée, je mets l’autre, etc.
- Aimez-vous chanter ? Si oui, accompagnez ces interventions de chansons de votre invention, si possible toujours la même pour chaque occupation, mais sans rien lâcher de la fermeté, même s’il pleure et se débat. Vous êtes plus fort que lui que je sache !
- Vous aurez d’autres idées. Essayez de faire chaque intervention toujours dans le même ordre, les tout-petits adorent cela. Et chaque fois que vous le pouvez, mettez-le à contribution. Mais vous savez déjà tout cela.
- N’ayez pas peur des pleurs. Je connais de multiples parents qui évitent à tout prix les pleurs de leurs enfants : ce n’est pas lui rendre service. Limiter le plus possible les occasions de pleurs, les réserver à des choses indispensables, mais quand ils surviennent ne pas s’en affoler.
Timothée passe par des stades, vous allez le voir évoluer, c’est passionnant.
De tout ce que je viens de vous dire, prenez ce qui vous tente, laissez le reste et même jetez tout si cela ne vous convient pas. Je ne suis pas infaillible. Bon courage à tous les deux.

281 Apprentissage de la propreté

  •  J’ai un garçon de presque 4 ans qui a beaucoup de difficulté à être propre le jour…. /… Y a-t-il des références sur ce sujet, des méthodes respectueuses de l’enfant ? Où puis-je chercher ? Ca commence à devenir lourd pour lui et nous.
P. et AL. G Aix en Provence (  )

Réponse de la rédaction sur le site


  • 282  Mon accouchement par césarienne
Suite au courrier n°268/

A sa lecture, les souvenirs très douloureux de mon accouchement ont refait surface, ainsi que la colère et le désespoir qui y sont attachés. Quinze jours avant le terme l’obstétricien m’annonce sans état d’âme qu’il n’y a absolument pas d’autres solutions que de programmer une césarienne, pour tel jour, à telle heure. Plutôt que d’attendre mon bébé dans la sérénité, j’ai vécu une semaine cauchemardesque. Moi qui désirais tant mettre ma fille au monde dans un univers à l’opposé de la solution cinglante du médecin, je me retrouvais face à un mur. Mon bébé se présentait en siège, le médecin n’a soit disant, voulu prendre aucun risque. N’y a-t-il jamais eu, pourtant d’accouchement par voie basse pour un bébé se présentant ainsi ? …/… Romane allait bien, certes, c’était le principal. Mais au bout de 20 mois, je revis cet accouchement avec beaucoup de souffrances ainsi qu’un profond sentiment d’injustice. L’arrivée du bébé, tout en étant prioritaire, n’épargne pas les souffrances très profondes liées à ‘l’habitude,’ la routine des césariennes. Certaines mamans l’ont sans doute mieux vécu. C’est pourquoi je souhaiterais communiquer avec elles, afin de dépasser cette peur de l’accouchement qui s’est cristallisée en moi et me permette de retrouve l’envie d’avoir d’autres enfants.
MBT, Albi (Tarn)

Réponse de la rédaction sur le site

  • 283 Siestes, nourrice, sevrage, endormissement

Maman depuis un an d’un garçon je me pose plein de questions sur le comportement à avoir suivant les différentes situations afin d’être le plus juste possible.
- Je recherche conseils ou témoignages sur le sevrage en douceur.
- J’endors mon enfant au sein, je n’ose pas le laisser pleurer pour qu’il s’endorme.
- Les siestes de mon enfant faut-il imposer un rythme ?
- Une nourrice à partir de septembre, quel est son rôle ?
HR, Thônes (Haute Savoie)

* Devenir parent
Réponse à H. R. (Haute-Savoie) extraits n°283 P. 36 N°147/
Bonjour Hélène et chère lectrice
Je ne suis pas étonnée de toutes les questions qui sont en vous depuis la naissance de votre enfant qui a maintenant 1 an. J’aime à dire que c’est signe de bonne santé. Je mets cependant une petite nuance entre les questions et les doutes que l'on peut avoir…  Car en effet se poser les bonnes questions, c’est très différent que d’être travaillé par des doutes. Les doutes perturbent, inquiètent, rendent hésitants, créent de l’angoisse. Les questions sont dynamiques, donnent un élan nouveau, ouvrent des voies… On peut vite basculer des bonnes questions à des doutes surtout si l'on est un peu ou très fatigué, contrarié ou si l’on a du mal à prendre de recul.
Lire ne répond pas à toutes vos questions, dites-vous. Le livre est un excellent outil pour avancer mais en effet ce n’est pas suffisant. Pour ma part ce qui m’a profondément transformée c’est à la fois un réseau de relations dans lesquelles le respect des enfants était au centre, c'est aussi une formation humaine pour mieux me connaître et changer et dont je vérifiais les avancées durables pour ma vie , la revue 'L’enfant et la vie' et l’œuvre de Maria Montessori que j'y ai découvert dès la naissance du premier, des groupes associatifs et notamment de soutien à l’allaitement, pour moi ce fut la leche League… Tout cela m’a progressivement amenée à mieux aimer mes enfants, mieux les comprendre, me respecter davantage aussi dans mes besoins personnels et ceux de mon couple. Je ne manquerais pas de citer dans ceux qui m'ont aidée et m'aident encore mon mari, leur papa qui avec son recul, bien que débutant aussi dans la mission parentale, m’aidait à faire confiance. Pour ma part au fil de la vie et de mon cheminement j’ai découvert en moi une capacité toute personnelle à répondre à partir de moi. Aucun livre, aucune formation, aucun ami ne peut le faire à ma place. Lors d’un stage sur la prise de décision j’ai pu clarifier comment je prenais ces décisions et comment je pouvais me rendre plus attentive à les vivre avec plus d'attention à mes intuitions, en prenant compte des autres mais aussi de moi et de ce que je perçois de mes enfants. Car en fait la meilleure réponse c’est celle que l’on cueille en soi. Pas toujours facile car il y a des perturbations, des zones d’inconscience aussi, des influences des autres éclairantes parfois, malvenues d’autres fois, des principes un peu rigides, des besoins un peu ou fort tyranniques, qui peuvent nous mener où nous ne devrions pas aller… Non, c’est un lieu plus profond où l’on ressent, en soi, que la décision que l’on prend, sonne juste, va dans le sens du bien commun. Je me pose régulièrement dans ce lieu là en moi, pour cueillir ma réponse quand la peur prend le dessus, face de grandes choses comme une orientation étudiante à 18 ans, mais aussi pour les petites choses du quotidien. Et j’invite aussi mes enfants à découvrir cette capacité à se référer à soi même, au fond de soi, là où on ressent les choses à sa façon : « Comment tu le sens toi ? » Bien sûr se faire aider, vérifier avec un proche, parfois un thérapeute est aidant et très utile à certaines heures.
Je voulais vous dire aussi à propos des pleurs, qu’ils sont bienfaisants si l’enfant n’est pas abandonné dans sa solitude, s’il ne pleure pas de faim et si sa douleur est prise en compte s’il souffre. Les petits n’expriment pas encore par des mots leurs maux divers, d’où l’enjeu de ‘les accueillir dans leurs pleurs’. Chez moi cette réalité de leurs besoins fut une véritable découverte lors d’un atelier de formation auprès d’Alétha Solter et de stages avec PRH. J’ai appris à accepter les pleurs de mes enfants. Notamment à partir de l’arrivée du second, tout en les accompagnant évidemment. Et cela une fois qu’ils avaient quitté l’état de tout petit bien sûr. Par ailleurs j’ai appris aussi à ne pas faire taire leurs émotions (qui me dérangeaient),  la journée, pour moins pleurer la nuit. Et à analyser mes propores émotions. Mais suis-je un bon exemple ? Car bien sûr il m’arrivait parfois de pleurer de dépit avec eux ou de ne pas tolérer les pleurs tant j’étais fatiguée. Et à ces occasions je trouvais tout moyen pour tenir.
Votre recherche de nourrice vous préoccupe, je n’en suis pas étonnée, nous sommes irremplaçables. Un point d’attention : ne pas chercher à ce qu’elle soit comme nous. Acceptez que se tisse avec elle autre chose, de plus abrupt peut être. SI vous sentez que cette personne éprouve de l’affection envers votre enfant et que son comportement est bienveillant, qu’elle aime sa mission d’assistante maternelle, et qu’elle a quelques ressemblances de valeur avec les vôtres (et non pas télé allumée toute la journée, chiens en grand nombre qui aboient, machine à coudre et épingles qui trainent dans la pièce…je l’ai vu de mes yeux!), votre enfant ne sera pas en danger. De plus il aura un an bientôt, donc déjà bien de la réserve d’amour de votre part. Nos enfants ont de belles forces en eux. Bien sûr si on peut rester auprès d’eux c’est formidable mais la vie est telle que les frustrations ils les connaissent vite, comme nous et nous avons aussi à faire selon nos priorités du moment. Et quand elles sont réfléchies et ont du sens, les enfants le sentent, ils les traversent et gagnent en solidité.
Enfin vous évoquez votre accouchement à la maison, je partage tout à fait votre enthousiasme. C’est simple, c’est fort, on est fier de soi, on en garde une trace heureuse à vie. C’est une décision qui ne se force pas qui est éminemment personnelle et requière une bonne santé. En Hollande une femme sur trois est amenée à ce choix. 
Je vous souhaite beaucoup de moments de bonheur. La vie avec un petit est contraignante, épuisante parfois aussi, mais c’est une période très privilégiée, intense, qui passe vite et dont je garde pour ma part, de la nostalgie. Mon plus jeune fils à 10 ans maintenant...
Prenez ce qui vous convient de ce  courrier, je n’ai pas la science infuse
La rédac'chef



publié le 04 avril 2006