Cet enfant s’appelle Amazir, ce qui veut dire homme libre en kabyle car son papa est kabyle.
Lettre à Amazir
« La naissance d’Amazir m’a rappelée à mon plaisir d’être sage femme accompagnant les femmes qui veulent mettre au monde leurs enfants librement. Amazir homme libre Né d’une femme libre Libre de crier Libre de se rouler par terre Libre de feuler comme une lionne Libre de crier son désarroi Libre d’arracher des promesses à son homme Libre de faire des serments à son fils Libre de se faire accompagner par des anges Une femme - Un homme - Un enfant Merci de m’avoir invitée à votre fête initiatique. J’avais besoin d’une naissance pour me sentir plus forte dans mes choix. » Plus tard j’ai ajouté : « Liberté - Egalité - Fraternité J’ose affirmer Cette liberté là est chaque minute dans notre beau pays. Cette fraternité fait cruellement défaut dans les maternités de France et de Navarre. Quant à l’égalité ? A vos entrailles citoyennes A vos tripes A votre sang A votre utérus A votre vagin Mais aussi aux fruits de vos amours et à votre âme enfouie au coeur de votre ventre. Alors quand j’accompagne une naissance comme celle d’Amazir ( et d’autres) je suis conquise par une évidence. Une naissance comme celle d’Amazir ne pouvait se vivre avec cette intensité avec cette magie avec cette puissance avec cette vérité aussi que dans l’intimité d’un chez soi Et ce sont nous, les sages professionnels qui le plus simplement du monde accueillons leur enfant dans la chaleur, la sécurité et l’intimité de leur foyer, qui sommes accusées d’extrémistes, d’obscurantistes, voire de dangereux criminels. Parce que nous essayons de cultiver nos forces et notre confiance plutôt que nos peurs et nos faiblesses. Alors je suis fière de pouvoir permettre à des femmes de vivre seulement leur accouchement et de déployer des forces de vie puissantes et insoupçonnées… » HG, sage-femme
Lettre de la maman à Hélène, sage-femme «Pour mon fils, pour mon mari que j’aime encore plus pour cette femme qui nous a entouré de sa sagesse pour cette autre femme qui nous a entouré de sa douceur et pour ceux qui, ailleurs, nous ont accompagné de là haut Cette naissance était magique peut-être est-ce cet enfant qui est magique peut-être C’est ce que je me dis en le regardant Il a un petit cœur entre les yeux est ce que je suis seule à le voir ? il a un cœur entre les yeux son père me l’a confirmé et les autres ? pour les autres se sera un secret Par le théâtre je cherchais désespérément à me sentir vivante jusqu’au jour où j’ai rencontré la mort et les deuils que mes ancêtres avaient oublié de célébrer. Cette naissance m’a mise à l’épreuve et je ne crois pas avant ce moment là m’être sentie aussi vivante aussi présente et aussi incroyablement heureuse J’aurai aimé vous garder avec nous toi et Véro Vous garder là près de nous pour prolonger à l’infini ce bonheur d’être vivant mais tout se serait alors figé et la vie est mouvement Merci à toi Hélène pour ta patience pour ton humour pour ton incroyable capacité à dire oui ».
Claire-Lise
« Accoucher Naître à soi mêle en se laissant traverser par un autre C’est la sensation que j’ai eu C’est la sensation que j’ai encore C’est la sensation que j’aimerais conserver toujours Cet être m’était si proche Mais inaccessible Que je nourrissais sans même m’en rendre compte Est devenu un autre réel et « matériel » En l’espace d’un instant Celui de l’accouchement Je dis on On a eu des contractions On a eu mal ON Car je me suis sentie entourée Si accompagnée, si encouragée Que j’ai senti qu’ON accouchait Et peut être que la sensation est juste Car cet enfant ne m’appartient pas Contrairement à ce que je pouvais croire Avant ce moment là L’accouchement est une sorte d’initiation De passage, de rite Et je ne l’imaginais pas si forte Cette invitation à être vivante »
Claire-Lise
publié le 04 avril 2006
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